‹ Christophe de BeaumontChapitre 238 sur 368 · PRÉTENDU COMPLOT DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

PRÉTENDU COMPLOT DES ÉVÊQUES

enfants qu'il est contraint de frapper de ses anathèmes * ».

Nous voici loin, en vérité, du portrait de convention que tant d'écrivains se transmettent encore, sur la foi de gens intéressés à prendre la résistance de Beaumont pour de l'opiniâtreté, son zèle pour de l'emportement, son amour de la discipline ecclésiastique pour du despotisme d'administration. Mais c'est vainement que la sagesse païenne elle-même conseille de ne s'attaquer point aux hommes qui savent se faire aimer ^ ; on n'a voulu voir, dans les adhésions sympathiques de l'épiscopat, qu'une sorte de partie liée avec quelques religieux pour faire du grand prélat un chef de cabale qui fût à leur discrétion absolue.

« Si ce n'est pas là le but où il tend, disaient ses ennemis, c'est du moins celui où les Jésuites veulent l'amener ^. » Le marquis d'Argenson n'hésite pas à dénoncer ce qu'il appelle « le complot » des évêques. Le duc de Luynes, habituellement si réservé en pareille matière, s'oublie lui-même jusqu'à donner l'hospitalité de ses Mémoires à une communication qu'il dut regretter, quelques jours après, d'avoir insérée sous cette forme malheureuse :

« Quand on fait tant que d'être un héros de la cause qu'on défend, il faut l'être en tout et partout, dans le fond et dans la forme ; il faut parler librement, sur les toits même, s'il est nécessaire, et sans rien craindre.

1 Cf. Mandement des évêques de Saint-Pons (29 octobre), de Troyes et de Metz (!«' novembre), d'Amiens et d'Auxerre (7 novembre), de Tours, de Chartres et de Meaux (14 novembre), de Saint- Paul -Trois -Châteaux (5 décembre).

* « Ne temere in eos dicas qui diliguntur. » Gic. De Ora)L., n, 58.

5 Nouvelles de 1756, p. 209.

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