‹ Christophe de BeaumontChapitre 245 sur 368 · MANIFESTATION DE LA SORBONNE · texte numérisé non relu

MANIFESTATION DE LA SORBONNE

traitées dans notre Instruction pastorale? Est-ce le Concile de la nation, ou celui de notre province? Sont-ce des évêques qui décident contre nous? Nous voyons simplement des magistrats laïques, commis par le souverain pour rendre la justice aux citoyens dans les choses de ce monde, et obligés par la profession du christianisme à écouter l'Église...^.

Tous les vrais catholiques, on l'a dit, applaudirent à cette réplique aussi nette que courageuse. Mais il fallait une conscience de sectaire pour s'indigner que l'archevêque y méconnût le droit des magistrats à s'ingérer dans ce qui conceivte les censures, « C'est une maxime effroyable, écrivait-on, qui tend à tout renverser dans l'État, et à y faire renaître toutes les scènes de Grégoire VII contre l'empereur Henri V, et de la Ligue contre les rois Henri III et Henri IV ^. »

La Sorbonne était mieux inspirée, quand elle délibéra de s'associer par un acte formel au mandement de l'archevêque. Elle n'en fut empêchée que par la délicatesse de Beaumont qui refusa d'accepter son concours, craignant, sans doute, de détourner sur elle une partie de l'orage. C'est donc à tort que les anticonstitutionnaires ont vu, dans ce refus tout spontané, une détermination imposée par le roi, lequel n'avait que faire d'intervenir en pareille rencontre. Ainsi en fut-il , comme nous allons le voir, du bruit qui s'accrédita un moment que l'archevêque de Paris allait être décrété de prise de corps.

Faute de mieux, on s'attaque à l'un de ses théolo-

1 Lo mandement 30 termine par « très-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de lire ou retenir un imprimé ayant pour titre : Sentences (lu Châteletde Paris, etc., du jeudi 4 novembre 1756. »

* Péché imaginaire, p, 90 (loc. cit.).

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