‹ Christophe de BeaumontChapitre 260 sur 368 · SON INTERROGATOIRE · texte numérisé non relu

SON INTERROGATOIRE

Vous n'avez pas la bonté pour votre peuple, d'ordonner qu'on leur porte les sacrements à l'article de la mort, les ayant refusés depuis votre lit de justice, dont (sic) le Châtelet a fait vendre les meubles du prêtre qui s'est sauvé, je vous réitère que votre vie n'est pas en sûreté, sur l'avis qui est très vrai, que je prends la liberté de vous informer par l'officier porteur de la présente, auquel j'ai mis toute ma confiance. L'archevêque de Paris est la cause de tout le trouble par les sacrements qu'il a fait refuser. Après le crime cruel que je viens de commettre contre votre Personne sacrée, l'aveu sincère que je prends la liberté de vous faire me fait espérer la clémence des bontés de Votre Majesté.

€ Signé, Damiens *. »

Cette lettre est «insensée », écrivait Voltaire, mais elle découvre l'origine de la fureur de l'assassin. « On y voit que les plaintes du public contre l'archevêque avaient dérangé le cerveau du criminel, et l'avaient excité à son attentat*. » Damiens lui-même, — après avoir déclaré dans l'interrogatoire du 16 janvier, que « si Sa Majesté ne soutient pas sa Justice et son Parlement contre l'autorité des évêques, qui tâchent d'être contraires au gouvernement , il va arriver de grands malheurs contre la famille royale », — ajoute qu'il n'a eu « d'autre objet, dans le malheureux coup qu'il a fait, que de contribuer aux peines et aux soins du Parlement qui soutient la Religion et l'État-^ ».

1 Pièces originfUet^ p. 69.

* Siècle de Louis XV ^ ch. xxxvii, p. 29. — « C'est un chien, dit-il ailleurs, qui a gagné la rage avec les chieru de Saint-Médard ; c'est un reste des convulsions. » {Lettre à madame de Fontaine, Ifi janvier 1757.)

' Pièces originales y p. 10;^.

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