‹ Christophe de BeaumontChapitre 264 sur 368 · DÉCLARATION DES JESUITES · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DES JESUITES

que le Parlement de Toulouse aura surtout tenu à séparer ici sa cause de celle d'imprudents collègues, tous notables personnages, plus ou moins compromis par les témoignages de Damiens^

« Les gens sensés, écrivait l'avocat chroniqueur, pensent que les Jésuites, en général, sont trop prudents et trop politiques, dans les circonstances présentes, pour faire imprimer une nouvelle édition d'un livre de morale de cette qualité, qui est ancien, et quj est fait en pays étranger. Ces gens-là pensent donc que c'est un tour des jansénistes, qui ont fait réimprimer ce livre, et qui en ont répandu quelques exemplaires à Toulouse pour donner lieu à cet arrêt ^. »

Les PP. Villard et Mengau, supérieurs de la maison professe et du séminaire, les PP. Saint-Martin et Nolhac, recteurs du collège et du noviciat, n'en furent pas moins « mandés aux pieds de la Cour, pour être entendus, en présence des gens du roi, sur leurs déclarations au sujet dudit livre ». Ils affirmèrent qu'ils étaient entièrement étrangers à la publication de cet ouvrage ; qu'ils n'en adoptaient nullement les maximes; qu'ils soutenaient l'entière indépendance des souverains pour le temporel, et surtout qu'ils condamnaient avec horreur tout ce qui semblerait autoriser le tyrannicide ^.

Les Jésuites de Paris, encouragés par Christophe de Beaumont, crurent devoir présenter à la Grand'- Ghambre une déclaration analogue à celle de leurs

ï Cf. Les Parlements de France, par le vicomte de Baslard, t. II, p. 31.

» Barbier (t. M, p. 584).

' L'interrogatoire des quatre Pères et leurs déclarations ont été imprimés à la suite du réquisitoire de l'avocat général et de l'arrêt conforme de la Cour. (Extrait des registres du Parlement, 9 septembre 1757.)

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