‹ Christophe de BeaumontChapitre 269 sur 368 · LETTRE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

LETTRE DE BEAUMONT

fournit pas aux payeurs Tacte officiel de 1 élection. Peine perdue. « M. de Paris, comme s'exprimait alors le pamphlétaire , veut ce qu'il veut, et il le veut imperturbablement ^ » On en jugera par sa réponse du lendemain :

Le délai de vos élections , Madame, ne peut porter aucun préjudice à votre maison puisque, suivant vos constitutions, vous êtes toujours supérieure jusqu'à ce que, le chapitre étant assemblé à l'église immédiatement avant l'élection, le supérieur vous ait déchargée du gouvernement de la communauté. Par une suite nécessaire* les payeurs des rentes ne peuvent faire difficulté de payer, sur vos quittances, ce qui est dû à la maison. Mais s'il arrivait, ce que je puis présumer , que vos quittances fussent mises au rebut , vous me ferez le plaisir de m'en avertir , et je ne perdrai pas un moment à faire les démarches nécessaires pour vous procurer votre paiement.

Au surplus, vous pouvez compter que je ne perdrai point de vue l'affaire de vos élections, et que je la terminerai le plus tôt possible. Je suis, etc. ^.

Trois mois s'écoulèrent sans que madame de Saint- Pierre consentît à se rendre aux intentions du prélat. Dans l'intervalle, l'oratorien le Sueur de Chantemerle ayant résigné sa commission de supérieur ecclésiastique de la communauté, l'archevêque se réserva d'en remplir lui-même toutes les fonctions. Ce fut alors que les Hospitalières s'enhardirent à déclarer, dans une dernière lettre du 23 juillet, que, faute d'être entendues selon leurs propres désirs, elles se verraient forcées « d'employer à regret la voie des sommations >.

ï Le Péché imaginaire^ p. 45.

* Lollre (lu 2 mai 1756.

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ordonnance qui fut signifiée, sans retard, aux parties intéressées :

...Nous faisons très expresses inhibitions et défenses aux religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, établies rue Mouffetard, faubourg de Saint-Marcel , à Paris, de procéder au choix et nomination d'une supérieure et des officières dudit couvent de la Miséricorde de Jésus, ni de faire aucune élection à cet égard, sans avoir préalablement rempli les formalités portées par leurs Constitutions, et sans y avoir été autorisées par nous; et ce, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait. — Donné à Gonflans, le 3 septembre 1758.

^^ ^ Christophe, archevêque de Paris.

Tandis qu'un nouvel appel comme d'abus frappe encore cette ordonnance, les religieuses, aussi mal conseillées que possible, osent bien s'autoriser d'un pareil acte d'empiétement pour recourir à leurs élections, s'imaginant qu'elles ont mis leur conscience en repos par le fait seul qu'elles suppriment le cérémonial . accoutumé.

Vainement six d'entre elles protestent, quittent la salle et se retirent au jardin ; un arrêt du 7 septembre déclara cette opposition nulle et la nomination provisoire valable. Après quoi, madame de Saint-Julien (en religion sœur Félicité), élue supérieure par intérim , eut le bon goût d'envoyer le comte de Senneterre, son neveu, pour assurer le prélat « de leur soumission sincère à son autorité » et le supplier de l'exercer à leur égard, « en les mettant en état de faire sous ses ordres une élection définitive ». On ne saurait être mieux ferré sur son Quesnel.

Et cependant , au dire de Barbier , si bien des gens

BEAUMONT, I. 2ti

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