‹ Christophe de BeaumontChapitre 270 sur 368 · INTERVENTION DE BERNIS · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE BERNIS

dre satisfaction obtenue. « Les rétablir sans aucune démarche de leur part, disait-il , ce serait faire céder les lois de TEglise aux caprices et à Topiniâtreté de ces filles. »

Bernis, qui ne doutait de rien, se flatta d'être plus heureux que les autres négociateurs, en essayant « d'en imposer » au prélat et de courber à lui cette « barre de fer. »

Il raconte assea au long, dans ses Mémoires, comment il s'y prit pour persuader à Beaumont que chacun était d'accord sur le fond des choses et qu'on ne se divisait que sur la manière de les conduire. Il ne craignit même pas d(î mettre en avant la nécessité «d'éteindre, pour la conservation de la personne sacrée du Roi, cet esprit de fanatisme dont Sa Majesté venait d'être la victime » . Beaumont ne voulut « ae relâcher sur rien » , en sorte que, fatigué de l'entendyç toujours objecter sa conscience : « Votre conscience, repartit vivement l'abbé, est une lanterne sourde qui n'éclaire que vous. » Bernis, content de sa réplique, nous apprend que « ce mot a beaucoup couru* ».

C'était peut-être, en effet, payer d'esprit ; était-ce bien prouver qu'il avait raison ?

Une troisième conférence chez le maréchal de Belle- Isle n'échoua pas moins que les deux entrevues avec l'abbé. Comme il devenait cependant indispensable de soustraire Beaumont aux* poursuites du Parlement, Bernis en fut réduit à conseiller au roi de le mettre aux prises avec un comité composé de cardinaux et

1 Mémoires, t. II, p. 56. — Soulavie attribue faussement à Richelieu le bon mot dont Bernis se vante {Mémoires de Richelieu, t. VIII, ch. xii, p. 306).

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