‹ Christophe de BeaumontChapitre 276 sur 368 · COMMENTAIRE MALVEILLANT · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE MALVEILLANT

Oui, c'est à quoi nous sommes destinés, disait saint Paul, in hoc positi sumus. Plût au Ciel que nous eussions une étincelle de ce feu sacré qui embrasait le cœur de ce grand apôtre, et que nous puissions dire avec lui : Nous smnmes combles de joie dans toutes nos tribulations !

« Mais ces faveurs étant le prix de la plus éminente sainteté, demandez-la à Dieu pour nous, M. C. F. ; obtenez-nous la grâce dont nous avons besoin pour remplir notre carrière, pour y marcher d'un pas ferme, et courir avec fidélité vers ce but unique, qui dans cette vie est l'objet de notre espérance, et en sera dans l'autre le terme et l'accomplissement. Que la paix et la grâce de Jésus-Christ soient avec vous. Ainsi soit-il*. »

On pense bien que la feuille janséniste trouva son mot à placer dans la circonstance, tout en daignant convenir que rien n'est « plus édifiant en soi » que ce commerce de charité et de prières entre le pasteur et le troupeau, surtout quand ils sont forcément séparés l'un de l'autre. Mais que de haine doucereuse dans cette allusion aux dernières lignes écrites par l'archevêque ! « Ceux de ses diocésains qui le respectent le plus sincèrement n'auront garde de demander à Dieu pour lui qu'il marche d'un pas ferme dans la carrière dans laquelle il s'est malheureusement engagé. Ils demanderont au contraire à Jésus-Christ que, faisant tomber les écailles de ses yeux, il lui apprenne que c'est lui-même qu'il persécute dans ses membres les plus fidèles, et qu'il déchire cruellement dans son corps mystique»^. »

ï Donné à La Roque, le 18 janvier 1758. * Nouvelles de 1758, p. 30.

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