SYMPATHIES DU CHAPITRE
Les plus modérés, paraît-il, s'étonnèrent qu'on permît de rendre public un acte épiscopal qui, « sans rompre le silence sur les matières du temps », n'en avait pas moins l'air de reprocher au souverain et au ministère « la peine d'un exil à cent cinquante lieues, prononcé contre un archevêque de Paris ^ » Mais, quelle qu'ait été l'attitude des adversaires ou des indifférents relativement à une lettre pastorale aussi pleine de dignité que de mesure, hâtons-nous de dire que le chapitre métropolitain n'avait pas attendu d'en avoir connaissance pour faire parvenir au prélat l'hommage empressé de sa douloureuse sympathie.
Je trouve à l'appui, dans les archives de Notre-Dame, un double document qui sera lu, sans doute, avec intérêt.
Voici d'abord le discours textuel adressé par M. de Saint-Exupéry , doyen du chapitre , dès l'ouverture de la séance du 7 janvier, au lendemain de l'exil de Beaumont :
« Il n'est pas nécessaire, Messieurs, de vous instruire de la troisième disgrâce que vient d'éprouver Mgr l'archevesque ; il est public que de nouvelles circonstances, que nous devons respecter sans chercher à les approfondir, nous ont enlevé ce prélat en l'éloignant d'un troupeau à qui il sera toujours cher. A n'examiner que l'événement en soy, nous aurions pensé qu'il aurait été digne d'une Compagnie dont le caractère distinctif fut toujours attachement et amour pour ses archevesques , de donner dans ces circonstances à Mgr l'archevesciue des témoignages publics de nos
1 Barbier (t. VII, p. II).
BBAUMONT, I. ^7