DÉMONSTRATION DES ÉVÈQUES
une députation nombreuse, des témoignages authentiques de nos regrets. Ils vous ont suivi. Vous en serez le dépositaire pendant tout le temps que les circonstances dureront, et votre retour pourra seul calmer notre douleur. Nous vous supplions, Monseigneur, de recevoir ces expressions comme un faible témoignage des liens qui nous attachent à vous : nul événement ne les altérera et la mort seule peut les briser. Je vous supplie de compter avec une entière confiance sur la fidélité et l'attachement que je vous ai voué, ainsi que sur l'inviolable respect, avec lequel j'ai en particulier l'honneur d'être, etc.*.
Cette démarche ne resta point isolée. Un certain nombre de prélats s'honorèrent en prenant hautement le parti de l'exilé, auprès duquel il ne tint pas à eux qu'on ne recommençât à La Roque les pèlerinages de Conflans. Mais, sans nous arrêter aux démonstrations sympathiques de l'archevêque d'Auch (Montillet), des évêques de Dax (Suarez d'Aulan), de Lectoure (Narbonne-Pelet), et de la plupart de ceux du Languedoc, nous ne pouvons passer sous silence la généreuse intervention de Mgr d'Amiens, une des gloires du clergé de France, lequel, après avoir appuyé de ses conseils la noble conduite de Beaumont, voulut s'inscrire au premier rang de ses défenseurs.
Le document que nous allons transcrire fera connaître la nature de cette intervention. Il mérite de demeurer comme un des plus beaux hommages qui aient été rendus à un fier caractère et à une grande âme.
« Il n'est que trop vrai que l'illustre archevêque de
1 Cette lettre du doyen fut « fort approuvée » de MM. du chapitre, qui le remercièrent « d'avoir si bien rendu leurs véritables seiîliments à l'égard de Mgr l'archevêque de Paris. » (Délibération du 9 janvier.)