‹ Christophe de BeaumontChapitre 28 sur 368 · GERMES DE VOCATION · texte numérisé non relu

GERMES DE VOCATION

mières années s*écoulent sans laisser de souvenirs enregistrés par les contemporains.

Tandis qu'Armand de Beaumont, devenu comte de La Roque par la mort de son père, se dispose à contracter une alliance qui lui permettra de faire souche d'héritiers nouveaux, Louis, cadet de famille, s'est tourné vers la profession des armes et ne songe qu'aux aventureuses perspectives de sa carrière. Quant à Christophe, le dernier des trois frères, on avait décidé depuis longtemps qu'il serait d'Église, car ses aptitudes, non' moins que ses goûts, l'inclinaient dès l'enfance aux fonctions saintes de la cléricature.

Je n'ai pas à me demander si des calculs d'intérêts purement humains, si des convenances de société, d'usage ou de fortune entrèrent pour quelque chose dans l'arrangement de ces diverses destinées; je sais que madame de Beaiunont, si désireuse qu'elle fût de consacrer et d'accroître pour l'aîné de ses enfants le patrimoine héréditaire, n'aurait pas été femme à entretenir le plus jeune de tous dans une de ces vocations hasardées et sans racines qui sont toujours im embarras, alors même qu'elles n'arrivent pas à être im malheur. En réalité, la vocation du vertueux Christophe n'avait jamais été suspecte ni douteuse. Elle s'était trahie, à son insu, jusque dans la familiarité de ces jeux d'autrefois où le futur archevêque de Paris, gravement occupé à reproduire le spectacle des cérémonies liturgiques, semblait préluder avec son parfait bon air au véritable ministère des autels. Armand et Louis en prenaient fréquemment occasion de l'appeler « monseigneur ; » sa mère se contentait d'admirer tous bas les progrès d'une piété sérieuse qui aurait pu faire dire de

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