MORT DE >SŒUU CHARLOTTE
M. l'abbé Robinet, notre digne supérieur , a reçu mes vœux le 16 février 1749; tous me rendronts témoignages que cest de ma franche et libre volonté que jai fait la Sainte profession.
Je sœur Charlotte Bonaventure Garnin de Lillers, ay pai- la grâce de Dieu ce jourdhuy 16 février 1749 célébré mes vœux pour vivre et mourir en la congrégation de Notre-Dame de la Visitation. ViJeille mon Sauveur bénir cette journée et me la rendre profitable pour l'éternité.
Sœur Charlotte Bonaventure Carnin de Lillers*.
La nouvelle professe ne vécut que neuf ans dans sa chère solitude, édifiant chacune de ses sœurs par Texemple des plus rares vertus. C'est le témoignage qu'en rendait madame O'Donnoghue dans sa lettre à Beaumont.
« Elle était douée d'une bonté d'âme singulière qui la rendait toujours douce et aimable, et d'une ferveur courageuse qui, en l'élevant au-dessus d'elle-même et de ses grandes et habituelles infirmités, lui a fait remplir une grande carrière dans un court espace de temps. » Maintes fois, elle avait exprimé les sentiments de sa gratitude pour le digne archevêque à qui elle se déclarait redevable, après Dieu, du bonheur de mourir dans la paix. Aussi voulut-elle, de son lit de mort; lui en donner une dernière assurance par l'entremise de sa supérieure. Le 9 février, sœur Charlotte s'éteignait, à l'âge de vingt-huit ans, après avoir conservé sa connaissance jusqu'à la fin -.
L'abbé Robinet, dont on parle dans ce récit, n'est
1 Registres capUtUaires de la Visitation (rue Saint-Anloiue). — (^Archives nationales, LL, 1714, p. 151).
^ « Elle est enterrée vers le milieu à main gauche de notre cave de sépulture. Dieu nous fasse la grâce dMmiter ses vertus. » {Ibid.)