SON MÉMOIRE AU ROI
« C'est avec la plus grande peine que j'ai éloigné l'archevêque de Paris. Les plus fortes considérations m'y ont déterminé. Les vœux d'un Corps, qui est le premier de mon royaume, dont j'ai tant de fois éprouvé le zèle pour mon service , et que j'affectionne d'une manière particulière, me font souhaiter plus que jamais le retour de ce prélat dans son diocèse. J'ai pris les mesures les plus efficaces pour concilier le bien de l'Église et la tranquillité de ma capitale avec le désir sincère que j'ai de le rappeler ^ »
Les députés, en manifestant au cardinal « la plus vive reconnaissance de l'empressement et du zèle avec lesquels il avait rempli les vœux de l'assemblée et de tout le clergé de France », ne crurent point qu'il fût assez de l'inviter à continuer ses instances auprès du roi pour obtenir que l'effet ne suivît pas de trop loin les promesses; ils voulurent rédiger eux-mêmes un mémoire spécial qu'on présenta à Louis XV, au nom de l'assemblée entière. Ce document fait trop d'honneur à Christophe de Beaumont pour que nous ne le reproduisions pas intégralement :
« Sire,
« L'Assemblée du clergé de votre royaume, pénétrée de la plus grande, confiance dans les bontés de Votre Majesté, dans son amour pour la Religion et pour ce qui est du bon ordre, lui a peint, dès sa première séance, la douleur qu'elle ressent de l'éloignement de Mgr l'Archevêque de Paris. Les témoignages de bienveillance et
1 Procès-verbal de l'Assemblée générale du clergé de France, p. 25.