‹ Christophe de BeaumontChapitre 299 sur 368 · DISCOURS DU P. DE NEUVILLE · texte numérisé non relu

DISCOURS DU P. DE NEUVILLE

Us jetaient courageusement, avec Neuville et Chapelain, le cri d'alarme contre les idées nouvelles, dénoncées à diverses reprises par Tinébranlable Beaumont.

Ces discours, que d*Alembert appelait «des tocsins», en sindignant qu'ils pussent retentir à la face du roi, « nemine réclamante ^^ » eurent la fortune d'aiguillonner les fureurs de la secte ennemie jusqu'à une sorte de rage. « Quoi 1 répond Voltaire, on ose dans un sermon, devant le roi, traiter de dangereux et d'impie un livre approuvé, muni d'un privilège du roi, un livre utile au monde entier et qui fait l'honneur de la nation ! Et tous ceux qui ont mis la main à cet ouvrage ne mettent pas la main à l'épée pour le défendre ! ils ne composent pas un bataillon carré ! ils ne demandent pas justice ^ ! »

Neuville, un des hommes les mieux écoutés de l'archevêque, sera moins épargné encore que son confrère, car on ne lui pardonnera ni les succès qu'il obtient, ni les périls qu'il signale.

•Les succès sont incontestables, et ceux qui l'entendent en 1758 pourraient contresigner ce que mandait Brumoy, douze ans auparavant , dans une lettre autographe que j'ai sous la main : « Le P. Neuville continue tellement d'affoller la cour et la ville, qu'on ne se souvient pas d'avoir vu une vogue semblable pour des sermons. Son talent est véritablement singulier ^. » Quant aux pémls qu'il signale, on lui cherchera la mauvaise

1 Lettre à Voltaire (11 janvier 1758).

^ Lettre du 13 février à d'Alembert.

* Lettre du 21 mars 1736 à J.-B. Rousseau [Archi-oes des Éludes religieuses). Brumoy termine sa lettre en parlant de « l'envie » qu'excite déjà, à ses débuts , le nouveau prédicateur, « ou, pour mieux dire , son efiTroiable succès ».

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