‹ Christophe de BeaumontChapitre 307 sur 368 · ÉLECTION DE CLÉMENT XIII · texte numérisé non relu

ÉLECTION DE CLÉMENT XIII

rante que cette élection suscita dans le camp des jansénistes et des philosophes. Le bruit s'était accrédité, en effet, que le nouveau pontife, Vénitien d'origine^ n'avait cessé de se montrer hostile à la Compagnie de Jésus, bannie depuis longtemps du territoire de la républiqtie de Saint-Marc ^ Aussi le gazetier de la secte ne tarissait plus de louanges sur le pape, ce « bon pape », qui allait si bien dire leur fait à ces affreux Jésuites, non sans donner du même coup une leçon méritée à l'archevêque de Paris, convaincu de ménager des « amaléoites » comme les Berruyer et les Hardouin. « C'est peut-être pour cela qu'on dit que les cardinaux qui se confessaient aux Jésuites les ont quittés. On l'assure positivement, dans des lettres de Rome, du cardinal Rezzonico, neveu du pape, et du cardinal Torregiani, ministre d'État 2. »

Le Jou7mal encyclopédique se borne à exprimer la même satisfaction, en termes plus mesurés et plus dignes : « Le choix que la cour de Rome a fait de Clément Xni montre assez qu'elle veut perpétuer dans l'Église l'esprit de modération qui a signalé le dernier pontificat, et les vertus qui ont le plus rehaussé l'éclat de la tiare. Le Saint-Siège va donc continuer à mériter, dans la personne de l'illustre pontife qui l'occupe , l'estime de tous les savants , l'amour des catholiques et même les éloges des ennemis de son culte -^ »

Il faut avouer que si jamais hommes furent déçus dans leurs espérances, ce sont assurément ces joueurs politiques qui avaient si gratuitement tablé sur les pré-

i Cf. Barbier (l. Vil, p. 73).

* Nouvelles de 1759, p. 19.

8 Fascicule du 15 août 1758, p. 79.

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