JUBILÉ DE
tendues dispositions de Clément XIII à Tégard des Jésuites, dont il devait être le plus héroïque champion, le plus généreux soutien. LTieure n'est pas éloignée où ceux qui Tencensèrent au début de son pontificat n'auront pas assez d'injures à lui prodiguer, et Caylus, l'un d'eux, enveloppant dans un même sarcasme tous les partisans de « l'intrigue moliniste » , se permettra de décocher à leur adresse des insanités comme celles-ci : « Rien de tous ces gens-là ne m'étonne. Il suffit de savoir que ce Beaumont ressemble à notre Saint-Père et que, quand il mourra, il ne rendra pas l'esprit ^ »
L'exaltation de Clément Xni amenait pour le monde catholique le bienfait toujours apprécié d'un jubilé solennel. L'archevêque de Paris se hâta d'annoncer la bonne nouvelle aux fidèles de son diocèse, en datant de La Roque un mandement plein de doctrine et d'onction, dans lequel il se déclare heureux de seconder de tout son pouvoir « les saints désirs de ce grand pape dont les vertus répandent déjà la bonne odeur de Jésus- Christ dans toutes les parties de la chrétienté^ ». L'ouverture du jubilé y était fixée au lundi de la Pentecôte, 4 juin, et les exercices devaient être clos après une quinzaine de jours, le 17 au soir.
Le succès fut des plus remarquables. Une lettre du P. de la Croix au P. Ricci, nouveau général des Jésuites, en apporte un témoignage que je traduis sur l'original latin :
Telle est la détresse des temps où nous vivons, cpie c'est à peine s*il m'est possible de mander à Votre Paternité quelque chose
^ Corresponilance inédite de Caylus, t. II, p. 247. * Mandement du 9 mai 1759.