FELICITATIONS DE SES AMIS
une démarche qui est contraire à mon devoir. » Le roi comprit et se tut. L'incident ne devait pas avoir de suite.
Il était dix heures du soir lorsque Beaumont rentra incognito dans son palais, car il avait défendu toutes les manifestations extérieures qui l'accueillirent autrefois à son retour de Gonflans. Il n'en reçut pas moins , dès le lundi, les compliments empressés de ce que Barbier appelle « toute la gent ecclésiastique », sans parler des autres nombreux visiteurs, parmi lesquels on remarquait, avec une satisfaction mêlée de surprise, les députés que lui envoyait la chambre des vacations du Parlement ^ Nul pourtant ne se méprenait sur de telles avances, et chacun déjà pensait, avec Mgr de la Motte, que les « secousses » n'allaient point tarder pour Beaumont « de la part de ses ennemis ». Mais, ajoutait le pieux prélat, « notre illustre archevêque de Paris sera inébranlable. J'attends qu'il me fixe le temps de l'aller voir; toute mon inclination m'y porte. Ce ne pourra être
avant le carême, la saison n'est pas convenable à mon âgç2. »
II. n'y eut pas jusqu'au Souverain Pontife qui ne manifestât publiquement sa joie du retour de l'exilé. C'est à tort néanmoins qu'on prétendit qu'il avait fait chanter un Te Deum dans sa chapelle particulière, pour la rentrée en grâce de cette « tête de fer ^ ». Le théatin Paciaudi, qui se trouvait présent quand la nouvelle en fut donnée au pape, réduit le fait à des proportions plus modestes ; mais il se croit obligé, dans sa réponse à Caylus, d'im-
* Journal, t. VII, p. 193.
* Lettre à Dom Malachie {loc. cit.),
" Correspondance de Caylus, t. I, p. 122.