‹ Christophe de BeaumontChapitre 314 sur 368 · GRIEFS DE SES ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

GRIEFS DE SES ADVERSAIRES

puter aux Jésuites', leur bête noire , d'avoir été les premiers colporteurs de ces bruits.

On les chargera bientôt de griefs autrement sérieux, car la guerre qui vient de leur être déclarée promet d'être implacable. Christophe de Beaumont ne pourra plus désormais se permettre un acte d'administration, qu'on ne s'obstine à y voir la main de ces religieux. Il ne pourra même pas présider à Tune de leurs fêtes, qu'on ne fasse appel à l'argument, si souvent exploité depuis, des susceptibilités de certaines cours étrangères. Si, par exemple , l'archevêque officie pontificalernent, le 25 novembre, dans l'église de leur maison professe, « pour solliciter les bénédictions de Dieu sur les missions auxquelles ils travaillent sous la protection du roi », la feuille sectaire demandera avec une inquiétiïde affectée ce que va penser le patriarche de Lisbonne, ce que va dire le souverain du Portugal, en voyant consigné un pareil événement « dans un écrit aussi autorisé que la Gazette de France:^, alors surtout que les Jésuites viennent d'être expulsés de toutes les terres portugaises par un décret royal qui vise spécialement leur attitude dans les missions du Paraguay ^

Cette guerre déloyale allait être poussée jusqu'au bout, mais Beaumont était résolu à tenir tête à l'orage, quoi qu'il lui en dût coûter encore. « Je viens de Conflans où j'ai passé quatre jours avec l'illustre archevêque, écrira deux mois après le plus dévoué de ses amis : son exil a beaucoup ajouté à ses vertus, sa fermeté est toujours la même ^. »

i Nouvelles de 1760, p. 17, 18.

* Lettre de l'évèque d'Amiens à Dom Malachie (3 février 1760).

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