‹ Christophe de BeaumontChapitre 319 sur 368 · CONTRASTES SIGNIFICATIFS · texte numérisé non relu

CONTRASTES SIGNIFICATIFS

est persuadée que les églises et collèges dépendants des Universités, et particulièrement de celle de Paris, suivront le même exemple, en faisant pareillement porter aux hôtels des Monnayes les parties d'argenterie qui ne leur seront pas indispensablement nécessaires, en en exceptant les vases sacrés, les croix, les châsses et les reliquaires, qui doivent être réservés. Je vous prie de vouloir bien me mettre en état de rendre compte à Sa Majesté de ce qui aura été porté aux monnayes. — Signé : Saint-Florentin*.

C'était rheure que choisissait Voltaire, magnifiquement installé dans sa retraite des Délices^ pour s'égayer sur le compte de la France — de « madame Job », comme l'appelait sa correspondante, la marquise philosophe^ — de la France ruinée dans ses colonies, ruinée dans sa marine, ruinée dans son commei*ce, à laquelle il semble faire un crime de n'avoir maintenant « pas plus de vaisseaux que de vaisselle ^ ». Il est vrai que la gent philosophique prenait assez tranquillement son parti des malheurs qui n'étaient pas les siens. « Qu'est-ce que tout cela nous fait* lui mandera bientôt madame du Deffand, pour quatre jours qu'il nous reste à vivre ? Il ne s'agit que de se bien porter et de ne point s'ennuyer; c'est à vous seul que j'ai recours pour ce dernier article ; vous êtes le seul saint devant qui je brûle ma chandelle *. »

1 Histoire de l'Université de Paris^ par M. GU. Jourdain, p. 395.

' Lettre de madame du DeiTand à Voltaire, 28 octobre 1759.

' Lettre de Voltaire à la comtesse de Lutzelbourg, 9 décembre 1759.

* Lettre du 8 février 1760. — Quelques mois auparavant, le châtelain des Délices écrivait : « Jamais ou ne s'est tant réjoui, jamais on n^a inventé tant de plaisanteries, tant de nouveaux amusements. Je ne sais rien

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