‹ Christophe de BeaumontChapitre 320 sur 368 · SUS AUX JÉSUITES · texte numérisé non relu

SUS AUX JÉSUITES

Au fait, le patriarche bien rente de tous ces incrédules, retrouvant « Tâge d'or dans son petit coin du monde », se consolera de mourir dans la pensée qu'il laisse aux siens « terres, meubles et le magot », après qu'il aura vécu € gaiement et splendidement ^ ». En attendant, il se console des malheurs publics. « Je n'envoie point, comme vous, ma vaisselle d'ai^ent à la Monnaie, parce que ma pauvre vaisselle est hérétique au poinçon de Genève, et que le roi très chrétien ne voudrait pas m'en donner 56 francs le marci je m'adresserai aux Jésuites d'Omex, qui, ayant acheté tant de terres dans le pays, m'achèteront mon argenterie sans doute *. »

Cette façon de mêler les Jésuites à tout aura cela de caractéristique, dans la circonstance, qu'elle va devenir la ressource dernière des hommes du pouvoir, qui ne savent plus comment imposer silence aux réclamations de la misère générale. « Tout est bon pour les Jésuites, est-il dit dans la même lettre, et on peut leur jeter tout à la tête. » Jansénistes et parlementaires n'auront garde de manquer si bonne occasion : les uns et les autres étaient hommes à remuer le vert et le sec pour venir à bout de l'entreprise.

Quant à l'allusion faite au poinçon de Genève, elle répondait à certaine rumeur, alors exploitée par les gazettes étrangères, qui voulaient que les calvinistes

de si sage que ce peuple de Paris, accusé d'être frivole. Quand il a vu les

malheurs accumulés sur terre et sur mer, il s'est mis à se réjouir et a fort

bien fait; voilà la vraie philosophie; je suis un vieillard très indulgent. »

(Lettre du 8 juin 1759 à la duchesse de Saxe-Gotha.)

1 Cf. Lettre à M. de Chenevières, 23 avril 1760 ;àM. Tronchin, 23 décembre 1761.

' Lettre à madame d'Épinay, 26 novembre 1759.

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