‹ Christophe de BeaumontChapitre 332 sur 368 · VOCATION DE MADAME LOUISE · texte numérisé non relu

VOCATION DE MADAME LOUISE

attrait passager qui avait un moment incliné son cœur vers la Visitation ', plus tard ses goûts, ses préférences, son choix presque arrêté pour la vie plus austère du Garmel, les craintes inspirées par sa santé, les obstacles qu'elle prévoyait devoir rencontrer dans l'élévation de son rang et dans les afTections de ta famille, ses hésitations, ses défaillances, tout avait été longuement raconté. Avec ce discernement si profond, si merveilleux quelquefois, que Dieu manque rarement de donner au directeur, et qui est bien une des œuvres les plus spéciales de sa grâce, i'éminent prélat avait aisément reconnu là les signes évidents d'une vraie vocation, l'appel de Dieu le plus manifeste, et il s'en réjouissait pour la gloire de Dieu et de l'Église. Mais en même temps sa prudence et sa sagesse lui disaient comprendre qu'il n'y avait ici rien à précipiter, et avant tout il imposa la plus sûre des épreuves, l'épreuve du temps *. »

Voulant néanmoins l'aider à faire quelque essai de ta vie pénitente qu'elle avait résolu d'embrasser, il lui pro- IKJsa de se laisser diriger par un homme de Dieu en qui il avait lui-même toute confiance. L'affaire était de sa nature assez délicate, car il fallait l'agrément du roi, sans parler de la nécessité d'expliquer à d'autres un changement de directeur. Beaumont avait offert de s'employer pour les démarches nécessaires ; il fut assez heureux pour réussir, et le P. François de Beauvais pouvait écrire, le 31 décembre, à son supérieur général : « Votre Paternité n'ignore point que j'ai été appelé,

' Lon de la vAlure de madame de Rupelmonde , au moDusIère do la rue do Orenelle, le 7 oclobnt I7S1.

* La vénérable Louiie de France. parTabbé Cyrille ûillol, p. 131,

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