‹ Christophe de BeaumontChapitre 334 sur 368 · UN LOURD FARDEAU · texte numérisé non relu

UN LOURD FARDEAU

Gomme la raillerie ne perdait jamais ses droits, ce fut l'occasion d'un quatrain boiteux, mais sanglant :

Censeurs, Hugot est bien vengé ; Reconnaissez votre ignorance :

Son pont hardi a supporté Le plus lourd fardeau de la France,

Lourd fardeau , en effet ! Cette femme, qui avait rêvé de lier son nom à un règne de conquêtes, voyait sa politique inepte recueillir, même après Rosbach, une série de revers sans exemple ; elle qui avait cru pousser les frontières et le drapeau de la France jusqu'à l'Escaut voyait cette même politique exposer la rive française du Rhin au pas des troupes étrangères. Et l'heure n'est pas éloignée où tous ses rêves s'effondreront dans le honteux traité de Paris, cette paix la IdIus humiliante que le pays aura signée depuis quatre siècles.

Bernis nous parle d'un autre « traité » que les Jésuites refusèrent de signer avec l'orgueilleuse favorite *. Elle se vengera sur eux de l'affront que leur conscience lui inflige, enveloppant dans une même haine tous les hommes dont il sont les protégés et les clients.

« Ce sont nos vices, avait dit Beaumont, qui causent la défaite de nos armées !» Et il conjure les fidèles d'unir leurs prières à celles « de la vertueuse reine qui lève sans cesse des mains pures vers le Très-Haut », en même temps qu'il leur demande d'intéresser le ciel à la conservation de ce dauphin « dont les vertus répandent

ï Mémoires du cardinal de Bernis, t. Il, p. 102.

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