‹ Christophe de BeaumontChapitre 55 sur 368 · MESURES DE PRUDENCE · texte numérisé non relu

MESURES DE PRUDENCE

Il est certain que les chanoines se virent réduits à réclamer la compagnie entière de « M. le chevalier du guet , » lequel distribua ses gens aux diverses portes de Téglise , de la manécanterie et de Tarchevèché ^ Gomme l'encombrement n^était pas moindre autour des autres chaires , l'archevêque fut contraint à son tour d'étendre le bienfait de la mission à toutes les paroisses, et trente religieux multiplièrent sans relâche les instructions publiques et les retraites privées ^.

Le 18 juin parut une ordonnance du prévôt des marchands, Camille Perrichon, chevalier de l'Ordre royal, qui commandait à Lyon en l'absence du gouverneur de Neuville, duc de Villeroy. Elle débutait en ces termes : « Quelque confiance que nous devions prendre dans la sagesse et la bonne conduite des habitants de cette ville, après les preuves qu'ils viennent de nous en donner par le zèle religieux qu'ils ont montré dans tous les exercices de la mission, nous avons jugé devoir prendre quelques précautions pour la sûreté et la tranquillité publique, qui pourrait être troublée par un trop grand concours pendant le temps du jubilé. »

1 « Cotte compagnie fit deux corps do garde : Tune dans la chapelle de Sainte-Ânne, au fond de laquelle il y avait une clôture d'ais, et Tautre à l'entrée de la cour. » — Voir, à la bibliothèque de Lyon, le manuscrit sur vélin (n* 876) dont nous avons déjà parlé (Catalogue Delandine, 1334). — Les soldats du guet reçurent en payement « 339 livres 5 sols. » {Regist. capiiul, du 12 juillet 1734.)

* La Petite Chronique lyonnaise, publiée par M. Morel dé Voleine, parle de « quatre ou cinq conférences par jour » dans chaque église. Il y eut, en outre, des missions particulières « uniquement pour les domestiques, laquais, cochers, cuisiniers, porteurs de chaises et autres. » Les Jésuites de la maison Saint-Joseph donnèrent mainte retraite à cette occasion^ tant pour les hommes que pour les jeunes gens. Celles des femmes se faisaient dans le couvent des religieuses pénitentes, sous la direction des mômes religieux. Chaque personne remettait pour sa dépense au moins trente sous, « moyennant quoi on était proprement logé et bien nourri. »

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