BEAUMONT, VICAIRE GÉNÉRAL
VOUS aussi, lui écrivait-il en le félicitant, vous n'aurez point couru au-devant des honneurs, mais vous aurez contraint les honneurs de venir vous chercher. » C'était la parole de saint Grégoire louant saint Basile ^ A cet affectueux souvenir du nouveau prêtre, le nouvel évêque ne voulut réjyondre que par le mot qui avait été jadis, à Toulouse, le mot de l'adieu : « Nous nous retrouverons. »
Ils se retrouvèrent , en effet, et sans trop de retard. Préconisé à Rome le 23 novembre 1734, sacré à Paris le 9 janvier de l'année suivante , François de Grussol prêtait serment, le 23 du même mois , dans la chapelle de Versailles. Un des premiers soucis de son épiscopat fut de s'entourer d'hommes déterminés à réagir contre les désastreuses tendances de la précédente administration ; le 22 juin, il expédiait à Christophe de Beaumont ses lettres de vicaire général.
Certes, le mal était déjà grand, et le diocèse se trouvait fortement entamé par la frauduleuse manœuvre des réfractaires. L'étrange démission de Mgr de Ségur, évêque de Saint-Papoul, venait de fournir un regain de zèle schismatique à tout le parti, et les miracles du diacre Paris, qui commençaient à s'acclimater en province, avaient fait leur apparition dans le Blésois. Bientôt le gazetier janséniste sonnera les fanfares en l'honneur des cures merveilleuses que la secte invente 2,
chartrain. Nommé le 23 mai 1734, celui-ci mourait tout à coup le 24 juin suivant, et c'est le 29 du même mois que Mgr de Grussol était appelé à monter sur le siège épiscopal de Blois.
i OûSè oic&Çaç tYjv Tifûiv, àXX' Otto t^s ti/ji^s 5i»x9*î» (Greg. Naz., in laudem Basilii magni, oratio xliii).
* Voir, entre autres, le récit légendaire de la guérison de Louise Tremasso, veuve Uercier {Nouvelles ecclésiastiques de 1737, p. 181).