‹ Christophe de BeaumontChapitre 68 sur 368 · UNE PAGE INDIGNE · texte numérisé non relu

UNE PAGE INDIGNE

avec quelle effronterie ces écrivains raillaient l'empressement des fidèles à se porter chez MM. de Saînt-Lazare, pour vénérer les reliques du < prêtre illustre » dont le clergé de France avait sollicité la canonisation (17 septembre 1735) et que le dédain janséniste s'entêtait à nommer « monsieur Vincent. »

Nous citerons un court extrait, de ce journal, moins pour stigmatiser un langage qui porte avec lui sa flétrissure que pour montrer à quelles gens Christophe de Beaumont devra s'attaquer pendant quarante années d'épiscopat, et de quelle officine vont sortir les imputations qui ne cesseront de le poursuivre. N'oublions pas qu'il s'agit de l'admirable Vincent de Paul.

Ce Saint de nouvelle création a eu le malheur de n'être j^anonisé qu'à force de calomnies, et Ton continue à ne le préconiser à la face des SS. Autels, qu'en déclamant à toute outrance contre tout ce que rÉglise a jamais eu en France de plus respectable et de plus éclairé. Mais, par une providence singulière, la voix du Peuple, qui dans cette matière plus encore qu'en toute autre, a toujours été regardée comme la voix de Dieu, ne s'accorde point avec celle des déclamateurs : les Fidèles ne s'y conforment point et n'agissent point en conséquence. On a beau faire retentir toutes les Chaires du nom et des vertus du nouveau Saint : on a beau vanter son opposition à une hérésie imaginaire, ainsi que son prétendu éloignement de MM. de Port-Royal, on a beau solenniser sa fête avec l'extérieur le plus fastueux et le plus affecté... toutes ces précautions, cet éclat, cette pompe extérieure laissent le Peuple dans sa froideur et n'inspirent point une confiance qui ne peut venir que de Dieu. On lit les affiches, et l'on se tient chez soi. Toutes les puissances humaines, tout le crédit et l'industrie des hommes se réunissent en quelque sorte pour établir cette dévotion : et elle échoue. Ces mêmes Puissances s'efforcent de détruire la dévotion au S. Diacre ; et elle se soutient. C'est que la voix impuissante de l'homme appelle seule au stérile tombeau du Saint canonisé : au lieu que l'on est attiré et comme en-

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