‹ Christophe de BeaumontChapitre 69 sur 368 · LA DISETTE A BLOIS · texte numérisé non relu

LA DISETTE A BLOIS

traîné au tombeau du Bienheureux Diacre, par les opérations continuelles de la main du Tout-Puissant. Moyen efficace et supérieur à toutes les canonisations, pour accréditer sûrement le culte d'un Serviteur de Dieu après sa mort^

J*ai déjà dit, d'après les témoignages contemporains, Theureuse impression qu'avait produite dans les meilleures sociétés, à Lyon d'abord, puis à Blois, la noblesse de caractère de Tabbé de Beaumont et la dignité de sa tenue. L'occasion ne tarda pas à s'offrir de mettre en relief, pour tous, les qualités non moins estimables de son cœur.

L'année 1737 venait de prendre rang parmi les années désastreuses. Des pluies incessantes avaient noyé les campagnes de la Touraine et de l'Anjou, des grêles redoublées avaient ruiné les principaux vignobles du Bordelais : presque rien ne restait sur pied, d'une récolte qui, dans la majeure partie de nos provinces, s'était d'abord annoncée des plus prospères. « C'est la quatrième vendange qui manque en France, » écrira d'Argenson ^. Blois ressentit douloureusement, l'année suivante, le contre-coup de ces calamités. Le blé y fut hors de prix. Christophe de Beaumont, qui n'avait pas de peine à faire entrer son évêque dans toutes les complicités du dévouement, pensa qu'il appartenait au charitable prélat de prendre, en faveur des pauvres de la ville, l'initiative d'une généreuse démarche. Aussi, quelques jours après, les familles indigentes bénissaient Dieu de voir se former, sous la présidence de Mgr de Crussol,

^ Nouvelles eccUsiastiqites, 1739, p. 121.

* « Cette belle vendange montrée aux hommes n'était qu'une attrape : tout sera verjus. » {Journal elMémoireSy 1. 1, p. 279.)

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