LA NOUVELLE LITURGIE
rions jamais eu la pensée de l'écrire , si Christophe de Beaumont ne comptait, parmi ses titres à Tadmiration des hommes , que le mince avantage de marquer , au vingt-troisième rang , sur le catalogue des abbés de Notre-Dame de Vertus. Mais Dieu , qui le réservait à sa mission de combat, lui préparait alors une destinée meilleure, plus fructueuse surtout pour la cause de la sainte Église. Avant de suivre l'abbé de Beaumont dans cette longue carrière épiscopale qui fut sa gloire, notons en passant quelques-uns des incidents qui se produisirent del735àl741,à cause de leur connexion même avec certains actes dont nous aurons bientôt à parler.
A Paris, Mgr de Vintimille, qui avait récemment flagellé deux fois le jansénisme dans ses mandements du 27 avril 1732 et du 8 novembre 1735, venait, par une saute de vent difficile à expliquer, de lui faire tout à coup la partie belle en matière liturgique. L'oratorien Vigier, l'acolyte Mésenguy, le laïque Goffln, tous notoirement déclarés contre la bulle Unigenitus ^ furent chargés de rédiger un bréviaire que l'archevêque vint à bout d'imposer à tout son diocèse, en dépit des protestations qui s'étaient élevées jusque dans son conseil. C'était l'imposer , en quelque sorte, à toute la France. Aussi «trente ans après l'apparition du bréviaire de 1736 et du missel de 1738, la liturgie romaine avait disparu des trois quarts de nos cathédrales et , sur ce nombre, cinquante et plus s'étaient prononcées pour l'œuvre des Vigier et des Mésenguy ^ » Encore un douloureux héritage à recueillir, le jour venu, par Christophe de Beaumont
1 France pontificale (diocèse de Paris, t. I, p. 482).