LA FRANC-MAÇONNERIE
On a VU , plus haut , comment la haine des sectaires n'avait môme pas eu la pudeur du respect, en présence de Théroïque figure de saint Vincent de Paul. Le 4 janvier '1738, le Parlement de Paris se montre moins soucieux encore des simples convenances : il supprime net la bulle de canonisation du grand apôtre de la charité. Était-ce assez de morgue? On retrouve bien là ces hommes de la magistrature séculière qui venaient , un mois plus tôt, de défendre qu'on citât en Sorbonne, comme œcuméniques, le concile de Florence et le IV* de Latran. Singulière prétention de juges laïques s'érigeant en docteurs et en maîtres dans le domaine réservé de l'Église, pour réglementer de haut les bulles des papes et décider de l'œcuménicité des conciles ! — Christophe de Beaumont en verra bien d'autres.
Il n'est pas jusqu'à la franc-maçonnerie qui ne commençât à faire parler d'elle chez nous , depuis surtout que les habitués de la Régence nous avaient familiarisés avec tant d'autres produits , non moins détestables , de l'importation allemande et anglaise. '
« Nos seigneurs de Cour , écrivait Barbier , ont inventé tout récemment un ordre appelé des Frimassons^^kV exemple de TAngleterre, où il y a ainsi différents ordres de particuliers ; et nous ne tarderons pas à imiter les impertinences étrangères. Dans cet ordre-ci étaient enrôlés quelques-uns de nos secrétaires d'État et plusieurs ducs et seigneurs. On ne sait quoi que ce soit des statuts, des règles et de l'objet de cet ordre nouveau. Ils s'assemblaient, recevaient leâ nouveaux chevaliers , et la première règle était un secret inviolable pour tout ce qui se passait. Gomme de pareilles assemblées aussi secrètes sont très-dangereuses dans un État, étant composées des seigneurs, M. le cardinal de Fleury a cru devoir étouffer cet ordre
i Barbier traduit ici le mot anglais Free-mason.