‹ Christophe de BeaumontChapitre 74 sur 368 · LES PROGRÈS EN FRANCE · texte numérisé non relu

LES PROGRÈS EN FRANCE

de chevalerie dans sa naissance, et il a fait faire défense à tous ces messieurs de s'assembler et de tenir de pareils chapitres^. »

Frappée par la bulle, récente aussi , de Clément XII (28 avril 1738), la maçonnerie continua de se développer en France, malgré les justes rigueurs du cardinal-ministre. Fleury, en effet, trouvait d'autant moins d'appui auprès des tribunaux séculiers , que le Parlement de Paris , déjà envahi par le jansénisme, fournissait , dès cette époque, de fâcheuses recrues à l'association prohibée^. De là une tradition de mollesse, de connivence et d'impunité, quiparvint insensiblement à s'établir, et qui bientôt allait permettre au comte de Glermont, l'un des princes du sang , d'accepter les honneurs de la grande maîtrise ^.

Si les sentences du Ghâtelet demeuraient impuissantes, pour cause, à paralyser les projets de ces assemblées funestes, Louis XV n'était guère plus heureux dans sa résistance aux prétentions du parlement sur les affaires ecclésiastiques. Il fut mieux inspiré dans les belles lettres qu'il expédia, le 21 juillet, à l'occasion d'un centenaire mémorable , celui de la consécration de la France à Marie parle vœu de Louis Xin, en 1638 *. Malheureusement, les désordres delà conduite privée commen-

1 Journal, l. IH, p. 80.

* L'ordre de déférer aux magistrats les membres de ces assemblées occultes remontait, chez nous, au 17 mars 1737 {Luynes, t. I, p. 210). — Voir, à ce sujet, un curieux travail publié par M. Gérin, dans la Revue des quesHons historiques (octobre 1875, p. 547).

* Nommé grand-maître inamovible en juin 1738, le duc d'Antin fut remplacé en 1743 par le comte de Glermont. «La maçonnerie resta chez nous, jusqu'en 89, l'instrument général de la philosophie et le laboratoire de la Révolution. » {Hist. de France, par H. Martin, t. XVI, p. 535.)

* On les lira in extenso dans le Journal historique (septembre 1738 , p. 224).

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