‹ Christophe SauvalChapitre 9 sur 32 · I A CONFESSION · texte numérisé non relu

I A CONFESSION

pour mes blessures — Oh! mille lois plutôt lui arracher un soupir par la pensée de ma mort que lui être importune par ma vie! Quelque bien que m'aient fait vos paroles , mon père, quelque consolation que j'aie reçue du pardon que vous avez fait descendre sur moi, jamais, non jamais, les aveux que vous avez entendus ne seraient sortis de ma bouche, si je n^étais certaine qu'ils mourront étouffes dans votre sein et que mon secret ne franchira pas le seuil de ce tribunal sacré.

Le prêtre répondit avec un profond gémissement :

— Hélas î je le sais , je vous dois un secret inviolable , aussi long-temps du moins que vous ne m'aurez pas permis de le rompre ; mais promettez-moi que vous ne me laisserez pas ignorer votre sort , dites que vous écrirez quelquefois à votre vieux et inconsolable pasleur.

Geneviève le promit, et le vieillard, après avoir prié quelques momens avec elle dans un douloureux recueillement, lui dit :

— Mon enfant, je n'ai pas accompli tous mes devoirs envers vous , il m'en reste un encore à remplir ; mais je ne puis le faire avant de vous avoir quittée quelques instans. Levez-vous, ma fille, demeurez en prière devant celte image de

la mère du sauveur et attendez là mon retour.

L'abbé Grandin montrait en même temps à Geneviève une statue de la Vierge, et, ayant obtenu d'elle Tassurance désirée , il sortit de Féglise , rentra précipitamment chez lui , saisit une bourse où il renferma en toute hâte un peu d'or , quelques billets de banque , toute sa part de succession , puis il rentra dans le temple où Geneviève était seule en prières, et s'avança vers elle.

Au bruit des pas du prêtre , Geneviève se releva; l'abbé Grandin lui dit alors à demivoix :

— Votre mère , mon enfant , a fait , durant sa vie , beaucoup de bien aux malheureux , et c'est par moi qu'elle a répandu sur eux ses dons. La providence divine a mis tout récemment quelque argent entre mes mains , et elle m'a fait une loi sacrée de lui donner une destination pieuse et charitable c Recevez-le , ma fille... Les pauvres s'acquittent aujourd'hui par mes mains envers votre mère.

— Gardez cet argent pour eux , mon père , il leur appartient ; ils en ont plus besoin que moi.

— Geneviève , reprit le prêtre d'un ton doux et en même temps un peu sévère , après tant de sacrifices hesitez-vous à en faire à Dieu un der-

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