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I. — Sources

Il y a soixante ans, la religion des Babyloniens et des Assyriens n'était connue que par les maigres renseignements fournis par la Bible et par les auteurs profanes, surtout par quelques fragments des écrits de Bérose, prêtre du temple de Bel à Babylone, vers 275 avant Jésus-Christ. Les fouilles pratiquées en Assyrie et en Babylonie depuis 1842 ont sondé les ruines des anciennes villes, Ninive, Asour, Babylone, Nippour, Lagas, exhumé des temples et des palais, et mis au jour une foule de textes, en écriture cunéiforme, de toutes les époques, depuis l'an 3000 avant Jésus-Christ jusqu'aux derniers

siècles avant noire ère. Inscriptions historiques et votives, annales et fastes des rois; collections de documents religieux, rituels, incantations, hymnes, litanies, prières de diverses sortes; longues listes contenant des noms de divinités ou des noms de temples ; poèmes épiques, mythes et légendes ; textes astrologiques ou relatifs à la divination; lois, contrats et autres pièces juridiques ; lettres échangées entre fonctionnaires ou entre simples particuliers : cette immense littérature est une mine abondante pour l'étude des religions babylonienne et assyrienne; elle est contenue, pour une part notable, dans les 20.000 tablettes qui appartenaient à la bibliothèque d'Assourbanipal et qui se trouvent aujourd'hui au British Muséum ^

Pour se mettre en garde contre l'abus des généralisations et des comparaisons hâtives en histoire des religions, il est très important de noter tout d'abord que notre connaissance de la religion assyrobabylonienne est, sur bien des points, incomplète et provisoire. On n'a découvert jusqu'à présent qu'une petite partie des textes enfouis dans les sables des plaines du Tigre et de l'Euphrate. Les textes découverts, déjà fort nombreux, conservés

1. Ajoutez à cela je ne sais combien de milliers de tablettes de provenance diverse, sans compter les grands monuments avec inscriptions qui ornent les galeries du Brilish Muséum. Le musée du Louvre possède aussi des trésors : une masse d'inscriptions très anciennes provenant de Tello (Lagas), interprétées par M. Fr. Thureau-Dangin; les remarquables monuments découverts à Suse par la mission de Morgan et déchiffrés par le P. Scheil. L'Université de Pennsylvanie a fait à Niffer (Nippour) des fouilles très fructueuses. L'assyriologue Hiiprecht disait en 1906 avoir examiné déjà plus de 50.000 tablettes qui viennent de là. Les musées de Berlin et de Gonstantinople se sont enrichis de même, en ces dernières années, quoique dans des proportions plus modestes.

dans les musées, n'ont pas été encore tous publiés, il s'en faut de beaucoup; enfin, les textes publiés n'ont pas été encore tous sérieusement étudiés. C'est une raison d'être prudent et de n'accepter plusieurs conclusions que sous bénéfice d'inventaire. A côté de ces vides considérables dans notre connaissance, il y a, pour les parties que nous connaissons, des questions très obscures, surtout en ce qui concerne les origines. Les Babyloniens et les Assyriens sont des Sémites. Ont-ils reçu des Sumériens, peuple de race différente, leur système d'écriture idéographique et syllabique et, d'une façon générale, une part plus ou moins grande de leur civilisation, de leurs plus anciennes conceptions religieuses? La plupart des savants le pensent. Cependant les textes sumériens, qui se présentent en assez grand nombre à côté des textes sémitiques, offrent de grandes difficultés et soulèvent plusieurs problèmes encore à résoudre.

II. — Panthéon babylonien et assyrien. Polythéisme. Prétendu monothéisme. Le nom de lahvé.

Quelques auteurs (surtout A. H. Sayce d'Oxford), en remontant le plus haut possible vers les origines de la religion babylonienne, et en s'efforçant de distinguer les éléments sumériens et les éléments sémitiques, semblent réduire la religion des Sumériens à Y animisme, ou culte des esprits. Selon d'autres (H. Winckler, A. Jeremias, etc.), la religion babylonienne aurait eu primitivement un caractère purement astrale L'imagination et l'esprit

1. F. X. KuGLER, S. J., à la fois astronome et assyriologue, a ruiné

de système ont trop de part dans ces the'ories. Consultons plutôt les assyriologues qui s'en tiennent au témoignage des textes.

Vers 3000 ans avant Jésus-Christ, la Babylonie n'était pas un royaume un et homogène; elle se partageait en une foule de petits royaumes indépendants formés par les diverses cités. Chaque cité avait pour souverain seigneur un dieu, par qui ou pour qui on la disait fondée, qui possédait là son temple et son territoire, et habitait au milieu de son peuple pour recevoir ses hommages et le protéger, combattre à côté de lui en temps de guerre. Le dieu, regardé comme roi suprême, avait autour de lui une cour de divinités secondaires, officiers et ministres de sa Maison, échanson, gardien du harem, conducteur du char royal, musiciens, intendants et administrateurs des domaines, généraux d'armée et conseillers d'États

Le roi, chef visible de la cité, s'appelait le lieutenant et le prêtre (patesi) du dieu. Élu par Celui-ci pour ces hautes fonctions et tenant de lui son pouvoir, il était considéré non seulement comme son agent auprès des hommes et son image, mais, anciennement et dans certaines conditions, comme dieu lui-même^.

« Quelques sanctuaires jouissaient d'une célébrité spéciale : dans le sud, ceux de En-ki (Ea) à Éridou,

par la hase celte théorie, dans ses savants ouvrages, Sternkunde und Slerndienst in Babel, 1907 et 1909, Im Bannkreis Babels, 1910, Munster i. w.

1. Cf. L. w. KiNG, Cuneiform Texts from Bahylonian TabletSy etc., in the British Muséum, part XXIV, 1908, p. S.

2. Voir P. bHouME, La Religion assyro-baby Ionienne, 1910 •,4« leçon, les dieux et la cifé;5' leçon, les dieux et les rois.

de Nannar (Sin) à Our, de Babbar (Samas) à Larsa, d'Anou et de Inairia (Istar) à Ourouk, de En-lil (Bel) à Nippour; dans le nord, ceux de Samas à Sippar, de Nergal à Koutha, etc. \ »

Au cours des siècles, quand des Etats plus considérables se formèrent, plusieurs divinités dont la nature et les attributs offraient les plus grandes ressemblances se fondirent en un dieu unique. L'importance d'un dieu dépendait beaucoup de l'importance de la ville dont il était le patron spécial. Le dieu principal de la cité qui, entre toutes, avait conquis la domination devenait le dieu suprême du royaume. Ainsi, au temps de Hammourabi^, un des plus grands rois deBabylone, vers 2050 avant Jésus- Christ, Mardouk, dieu de Babylone, devint la divinité principale du royaume. Mais cela n'empêchait pas une foule de divinités secondaires de subsister à côté du dieu principal. Leur nom s'est conservé surtout dans les incantations, prières regardées comme d'autant plus efficaces qu'elles invoquaient un plus grand nombre de dieux : la série d'incantations connue sous le nom de Surpu en nomme environ 150.

Peu à peu, des combinaisons et des systèmes théologiques se formèrent. Plusieurs divinités furent groupées ensemble; le rôle de chacune et leurs rapports furent déterminés d'une façon plus précise.

A la tête du panthéon nous trouvons, réunis dans une sorte de triade, Anou, le dieu du ciel, roi et père

1. F. TnuREAU-DANGiN, Die Sumerischen und Akkadischen Kônigsins'^hriften, 190", p. xiii, xiv.

a. Harniuourabi (ou mieux, suivant plusieurs assyriologues, Hainmourapi) est très probablement Amrapliel, dont il est question au cil. XIV de la Genèse.

des dieux ; En-lil, le dieu de la terre, surnommé plus tard Bel (par erreur son nom était lu « Bel » jusqu'à ces dernières années), honoré d'un culte important surtout à l'époque ancienne et spécialement à Nippour; enfin Ea, le dieu de l'océan, maître de la sagesse, père de la civilisation, patron des arts, nommé quelque part « Seigneur de l'humanité, dont les mains ont formé les hommes ».

A chaque dieu on donnait une compagne ou parèdre, Antou pour Anou, Nin-lil pour En-lil; Nin-ki (appelée aussi Dam-ki-na) pour Ea (appelé aussi En-ki). Le rôle de ces déesses est très elTacé; sans personnalité propre, sans traits caractéristiques, elles ne sont guère que le dédoublement de la divinité masculine à laquelle elles sont associées.

Une seconde triade est composée de Sin, Samas, Istar (ou Sin, Samas, Adad). Sin est le dieu-lune; ses temples sont célèbres dans les villes d'Our et de Harran. C'est un des dieux les plus puissants; il est appelé « prince des dieux du ciel et de la terre » . A côté de lui se place le dieu-soleil, Samas, regardé comme fils de Sin, « peut-être parce que le culte du soleil a supplanté quelque part le culte plus ancien de la lune » (Zimmern). Samas, dieu de la justice, de la législation et des oracles, était honoré d'un culte spécial à Sippar dans la Babylonie du nord, et à Larsa dans la Babylonie du sud. Parmi les déesses du panthéon babylonien, Istar seule occupe une place importante. Elle apparaît, chez les Babyloniens, surtout comme la déesse de la vie et de la végétation, et chez les Assyriens comme déesse de la guerre. Plusieurs déesses qui recevaient à l'origine un culte distinct et indépendant, comme principes féminins de la

fécondité, OU représentées avec un caractère violent et guerrier, finirent peu à peu par se confondre avec Istar, dont le nom ne tarda pas à devenir le nom commun de « déesse ». « Son culte comportait les pratiques les plus éhontées, s'il faut en croire les vieilles légendes dans lesquelles Érech [Ourouk] est appelée la « ville des courtisanes sacrées... et des prostituées^. » Istar, peut-être déjà à une époque très ancienne, avait le titre de « reine du ciel » et était identifiée avec la planète Vénus.

Quand, sous le règne de Hammourapi, Babylone devint, pour près de deux mille ans, le centre religieux de toute la Babylonie, Mardouk, dieu de Babylone, fut élevé par ses prêtres au rang suprême; dans le poème de la création, il est proclamé seigneur du ciel et de la terre, maître du destin des dieux et des hommes. Il s'approprie les attributs d'Éa, dont il est dit « le fils » ; il devient à sa place le créateur de l'humanité. Sa déesse parèdre est Sarpanit. A partir de cette époque Nabou (Nébo), dieu de la ville de Borsippa (ville plus ancienne peut-être que Babylone), devient « le fils chéri de Mardouk» ; Nabou est le dieu delà sagesse et de la science, de l'écriture, des incantations et des oracles, le dieu protecteur particulier des prêtres.

NiN-iB (ceci représente les signes de l'écriture et la prononciation conventionnelle du nom, dont on ignore encore la vraie prononciation) était à la fois dieu de la guerre et de la chasse et protecteur de l'agriculture. Quant à son caractère astral, Nin-ib « fut non pas, comme on l'a prétendu, le soleil d'été

i. Dhorme, l. c, p. 86.

OU le soleil surgissant à l'est, mais bien la constellation d'Orion qui marchait à la tête des étoiles^ ». Son épouse est Goula.

A Nergal, dieu du royaume des morts, on attribuait la destruction par le glaive ou par la peste. Comme Nin-ib, il est, en môme temps, dieu de la guerre et de la chasse, et il donne aux champs la fertilité. Son culte a reçu, à une certaine époque, un caractère solaire. Ereskigal, souveraine du monde inférieur, est son épouse.

Adad, appelé aussi Ramman, est le dieu de l'orage.

Doumouzi ou Tammouz ( = Adonis chez les Phéniciens et chez les Grecs) n'est pas au nombre des grands dieux; mais il occupe un rang à part; son culte et sa légende sont célèbres. C'est le dieu de la végétation, du printemps ; il périt chaque année, consumé par les ardeurs du soleil d'été, au mois de Tammouz, qui porte justement son nom. Il est représenté comme l'amant d'Istar; et quand il est descendu dans le monde inférieur, Istar s'y rend pour arracher à la mort son bien-aimé : c'est le sujet du poème de la Descente d'Istar aux enfers.

Il est inutile de dresser une longue liste des divinités secondaires, Nindara, Galalim, Lougalhanda, Kadi, Manii^ Zamama, et bien d'autres dont souvent on ne sait pas comment le nom doit se prononcer. Les dieux célestes dans leur ensemble itaient appelés Igigi; les divinités de la terre et des enfers, Anounnaki. Ce dernier nom désigne aussi parfois tous les dieux, sans distinction.

Les Assyriens (dont l'histoire est très obscure

\. DlIORME, l. C, p. 91.

jusqu'au xiv*' siècle avant notre ère) ont emprunté aux Babyloniens presque toutes leurs conceptions religieuses et leurs divinités. La principale exception est leur dieu Asour, primitivement divinité locale de la ville du même nom, et ensuite de tout le royaume d'Assyrie. A côté d'Asour qui occupe une place éminente, les « grands dieux » traditionnels, que l'on ne pouvait pas supprimer sans briser avec le passé, ont peu d'éclatet sont regardés de plus en plus comme de simples personnages décoratifs de la cour du dieu national. Asour est de tous les dieux celui qui reflète le mieux l'esprit de son peuple; il joue un rôle important dans les expéditions des Assyriens belliqueux. Enfin, il offre encore ceci de particulier qu'il n'a ni père, ni épouse, ni fils^

Chez les Assyriens, nous l'avons vu, Istar est une déesse de la guerre ; elle est invoquée souvent sous le titre de « Istar de Ninive » et « Istar d'Arbèle », les deux villes d'Assyrie où elle a ses plus fameux sanctuaires.

Plusieurs auteurs ont prétendu que les Babyloniens, 'à l'époque de Hammourapi (vers 2050 avant Jésus-Christ), étaient arrivés à un certain monothéisme. On trouve des noms propres de personnes, datantde ce temps-là, composésaveclenomde « Dieu» z7w, ainsi : Ilu-ittla, « Dieu avec moi » \Ilu-ahi, «Dieu est mon père » ; Avêl-ilu, « Serviteur de Dieu », etc. De même, dans le code de Hammourapi^, on ordonne, en plusieurs circonstances, de faire comparaître

i. Cf. Morris Jastrow JR, Dtc Religion Babyloniens und Assyriens. t. I, p. 205--214.

2. Découvert en déc. 1901 — janv. 1902, à Suse, par la mission de Morgan, et déchiffré aussitôt par le P. V. Scheil, 0. P.

« devant Dieu » le coupable ou le prévenu, sans que le nom d'un dieu particulier soit nommé. Ne faut-il pas en conclure que les Babyloniens pensaient à un Dieu suprême, peut-être même à un Dieu unique et seul vrai? — Non, semble-t-il ; les exemples cités et d'autres analogues ne prouvent point du tout cela : on peut traduire en effet, et c'est le sens tout à fait probable : « un dieu est avec moi » ; '< un dieu est mon père », etc., ou, mieuxencore, « le dieu », c'està-dire ^e dieu invoqué, le dieu protecteur principal de la ville, de la famille ou de l'individu. C'est l'opinion d'un savant qui a fait une étude spéciale des noms propres de personnes du temps de Hammourabi^ On peut dire ici ce que M. Flinders Pétrie disait au troisième congrès international des religions, à propos de la religion des anciens Égyptiens; « Le Dieu sous lequel un homme était né et vivait était pour lui le dieu... Les appellations communes de « Dieu » ou de « Grand Dieu » dans les inscriptions religieuses désignent naturellement le dieu locaP. »

Un texte souvent cité, et sur lequel s'appuient volontiers ceux qui trouvent facilement des « courants» ou des tendances monothéistes dans la religion babylonienne, est le suivant; il date probablement de l'époque néobabylonienne (vers le vi® siècle avant Jésus-Christ) :

Ninib = Mardouk (en tant que dieu) de la force. Nergal = Mardouk » de la guerre.

4. Hermann Ranke, Early Bahylonian Personal Names, Hammurabi Dynasty, 1905, p. 214, noie 3.

2. Transactions of the Third international Congress for Ihe flistory of Religions, vol. I, Oxford, 4908, p. 488.

Zaraama = Mardouk (en tant que dieu) de la bataille. En-lil = Mardouk » de la domination et

du gouvernement.

Nabou = Mardouk » de l'opulence.

Sin = Mardouk, illuminateur de la nuit, etc.

Des listes analogues identifient de même différentes divinités avec Ea, En-lil, Ninib, Nergal, etc. Cela dénote une tendance à tout rapporter au dieu principal, à exalter Mardouk, Ea, etc., au-dessus des autres dieux; chacun de ceux-ci était regardé comme possédant ou reflétant tel ou tel attribut du dieu suprême. D'ailleurs nous ne sommes pas bien sûrs du sens de ces spéculations. Bien des assyriologues refusentd yvoir unsens monothéiste. Ils ont raison; car ces formules sont loin du monothéisme proprement dit qui proclame un Dieu unique et tient tous les autres dieux pour néant. Jusque dans les derniers temps, les rois de Ninive et de Babylone, dans leurs inscriptions, invoquent pieusement les dieux et les déesses. De même, les simples particuliers, dans les lettres qu'ils s'écrivent à la même époque, nomment parmi leurs protecteurs Asour, Bêlit, Sin, Samas, Adad, Mardouk, Zarpanitoum, Nabou, Tasmetoum, Istar, Ninib, Nergal, Laz, etc., « les grands dieux du ciel et de la terre », « les grands dieux gardiens du pays ». Nous devons conclure, avec les meilleurs assyriologues et historiens des religions, que si les Babyloniens et les Assyriens ont eu quelque tendance au monothéisme, ils n'ont jamais fait le pas décisif; ils ont gardé jusqu'à la fin un « polythéisme monarchique », un dieu principal à la tête d'une armée de divinités innombrables. Les partisans de l'évolution naturelle doivent avouer que ce progrès

important ne s'est pas réalisé dans une histoire religieuse de plus de 3.000 ans. Il est donc logique de reconnaître la transcendance ou, pour mieux dire, le caractère surnaturel de la religion d'Israël monothéiste.

Plusieurs auteurs ont écrit, depuis quelques années, que le nom de [ah\>é était connu chez les Babyloniens longtemps avant le temps de Moïse. M. Robert William Rogers, entre autres, s'exprime ainsi : « Le nom divin Jau ou Jahweh était en usage chez les Babyloniens à l'époque qui va de 2000 à 1400 avant Jésus- Christ... Ainsi pas moyen d'échapper à la conclusion que le nom divin Jahweh n'est pas le bien propre des Hébreux... Ce nom leur est venu du dehors ^ » Il s'agit du nom seulement; car M. Rogers reconnaît la transcendance de l'idée de Dieu en Israël. Cependant la présence du nom de lahvédans les textes babyloniens de cette époque est très problématique. Avec les savants assyriologues C. F. Lehmann, Zimmern, Bezold, Hilprecht, Ranke, Daiches, on peut soutenir qu'on n'en a pas encore démontré la probabilité. ^Bicn plus contestable encore est l'équivalence Ahi-iami = Ahi-Jawi (avec le nom de lahvé comme seconde partie de ce nom propre). Ahi-iami est un nom de personne, lu sur une tablette cunéiforme du xv^ siècle avant Jésus-Christ, provenant des récentes fouilles de Tell Ta'annek en Palestine. La conjecture Ahi' Jawi, dont on tirait déjà des conclusions sur l'ancienne religion des Cananéens, a été généralement abandonnée au bout de peu de temps.

1. T/îc Religion of Babylonia and Assyria, especially in ils relations ta Israël, 4908, p. 94, 93, 97.

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