‹ ChristusChapitre 131 sur 284 · Cf. supra, p · texte numérisé non relu

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LA RÏILIGIOÎ^ DISÎ^AKL. m

qu'ils agissaient ainsi par imitation des peuples voisins, surtout des Cananéens. Pour essàyet* d'otabliv que le culte des morts a été la plus ancienne religion d'Israël, on a invoque divetseè pratiques funéraires, en particulier la coutume de se déchirer les vêtements ^ Pourtant cet usage admet d'autres explications, qui n'ont rien à faire avec le culte des morts. De même, que les Israélites aient sacrifié aux morts, comme on veut le déduire du Deuté- 7'onome (xivi, 14), c'est encore tltie affirmation qu'on ne saurait prouver : le passage cité peut se rappoHer soit au repas funèbre, soit à la coutume de mettre des provisions dans le tombeau (non comme offrandes sacrificielles, mais comme nourriture) ; on peut donc tout au plus en tirer cette conclusion que les Israélites Croyaient à une survivance après la mort.

La représentation que les Israélite se faisaient du genre d'existence des trépassés s'exprime dans l'appellation même qu'ils leur donnaient, les rephaïm (les faibles, les las). Si donc, dans la conception Israélite, les morts menaient la vie des ombres, il est difficile de croire qu'on leur ait voué un culte. Prétendre que les morts en deux endroits de l'Ancien Testament (I Sam. xxviii, 13 et Is. viii, 19) ont été appelés dieux, et eti conclure à l'existence d'un culte, c'est affirmer plus que ne comporte une exégèse rigoureuse de ces deux passages, les seuls qui puissent venir en discussion. Le texte d'Isaïe eôt susceptible d'une autre interprétation, beaucoup

4. Cf. SchwallV, Bas Leben nach dem Tode nach der Vorstellung des alfen Israël, Giessen, 1892.

plus probable ^ ; quant à I Sam. xxviii, 13, « on ne peut conclure de ce passage isolé à une divinisation des morts dans l'antiquité hébraïque ^ ». Remarquons enfin que la loi du Pentateuque, qui mentionne plusieurs autres cultes illégitimes, ne dit pas un mot du culte des morts.

c) Bien fragiles aussi sont les arguments que Ton a fait valoir pour établir que les ancêtres d'Israël s'adonnaient à certaines pratiques qui se rattachaient à un fétichisme antérieur. Du chapitre de la Genèse (xxviii, 11 sqq.) où il est raconté que Jacob dressa en forme de stèle la pierre sur laquelle il avait reposé sa tête pendant la célèbre vision de réchelle, y fit des onctions d'huile et destina le lieu de sa vision à être un futur sanctuaire, on a inféré que la religion des Hébreux consistait primitivement en un culte de pierres sacrées ^, Mais le texte allégué, décrivant le patriarche comme un adorateur de lahvé, ne saurait en même temps en faire un adepte du fétichisme. Il n'est plus fait mention de la pierre elle-même dans les livres suivants ; Béthel n'est qu'un lieu consacré par le souvenir de Jacob. D'ailleurs, c'était chose toute naturelle que Jacob, voulant offrir un sacrifice, dressât et oignît une pierre ; dans une tribu nomade, qui n'avait pas de lieux de culte fixes, chaque pierre pouvait, par onction, se transformer en autel. Toute preuve aussi fait défaut pour soutenir que les tables de pierre, conservées dans .l'arche d'alliance, étaient des aérolithes, et même de nos jours je ne sais si quelqu'un

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