‹ ChristusChapitre 132 sur 284 · Cf. CoNDAMiN, Le livre d'haie, Paris, 1905, p. îJo · texte numérisé non relu

Cf. CoNDAMiN, Le livre d'haie, Paris, 1905, p. îJo

2. Dhorme, Les livres de Samuel, Paris, 1905, p. 2i3, note 13. — Cf, aussi Lagrange, Études sur les religions sémitiques 2, p. 3!G.

3. Cf. PiEPENURiNG, Histoire du peuple d'Israël, 1889. — R.L. Ottlky, The Religion of Israël, 1903, pp. 9, lo, 23.

oserait l'affirmer sérieusement, depuis que les fouilles de Suse nous ont mis en possession d'un bloc datant du deuxième millénaire avant Jésus-Christ et portant la loi de Hammourapi.

d) Des érudits contemporains désignent ce qu'ils croient être la forme la plus ancienne de la religion sémitique, la « religion des nomades », du nom de Polydémonisme, c'est-à-dire la croyance à des puissances divines (démoniaques), à des esprits qui résident en des pierres, des arbres, des fontaines, des animaux sacrés. Cette même notion du poly démonisme comporte aussi la foi au caractère surhumain des esprits des morts et la crainte de ces mêmes esprits. On allègue à l'appui de cette théorie que des vestiges de cet antique polydémonisme se sont perpétués dans la religion populaire de la Syrie et de la Palestine actuelles ^ , et on croit en retrouver les traces dans l'Ancien Testament lui-même : on cite comme exemples la pierre sacrée de Béthel [Gen. xxviii, 22), l'arbre sacré de Sichem [Gen. xii, 6; Denté/-. XI, 30), la fontaine sacrée de Cadès {Gen. xiv, 7), et celle dé Bersabée [Gen. xxi, 28-31). La croyance des anciens Hébreux à des animaux sacrés est attestée, dit-on, par la distinction entre les animaux purs et impurs, qui n'a d'autre raison que la crainte religieuse, et par l'existence du nehustan, serpent d'airain, qui se dressait encore auprès du temple au temps d'Ézéchias (Il Rois, xviii, 4). La crainte des esprits des morts rend compte aussi de certains usages funéraires qui se sont conservés jusque dans les temps post-mosaïques, et qui n'avaient pas d'autre but que

1. Cf. Wellhausen, Reste arabischen Heidentums, 1897. — Curtiss, Unemitische Religion im Volksleben des heutigen Orients, 1903.

6p& CHAP4TRE XIV.

de protéger les vivaikts, CQmtre la puissance nuisible de ces êtres redoutables *, A l'époque de la formation du peuple d'Israël (aux environs de Tan 1200 avant J.-C. d'après des théories récentes), la frayeur qu'inspiraient les esprits des morts , fit place à des rela tions confiantes. Les anciens usages subsistèrent, il est vrai, mais on leur donna une no-uvelle interprétation, et on leur adjoignit d'autres rite&,plus en rapport avec les nouvelles conceptions, par exemple des offrandes faites aux morts. Pourtant la croyance à la puissance et au savoir des morts ne se modifia point, et l'on essaya de connaître l'avenir par des évocations d'esprits (I Sam. xxviii; Is. viii, 19; xxvui, 15-^18; Deutér. xviii, 10 sqq.).

Les éléments de preuves que nm^ vejî.Qns d'é^umérer en faveur du polydémonisme comme étant la religion la plus ancienne des ancêtres d'Israël, perdent une partie de leur force par cette première remarque que les usages invoqués peuvent s'expliquer autrement et de façon beaucoup plus simple et plus paturelle. De plus, il n'est pas, prouvé que le polydémonisme, à supposer même qu'il ait existé réellement dans les tribus d'où sortirent les ancêtres

1. D'après BEER (Der biblische Hades, dgins Theologische Abhancllungen, Festgabe fur H.-J. Holtzmann, 1902, p. 16 sqq.), les cris aigus poussés dajas les lamentations funèbres devaient chasser l'esprit; les rites funéraires, comme se revêtir d'habits de deuil, se metire de la cendre sur la tête, se couper la chevelure, se défigurer et se mutiler, avaient pour but de rendre les suirvivants méconnaissables pour l'esprit du mort, au cas où il reviendrait hanter les lieux familiers de sa première existence. On déchirait ses habits à la même lin : par ce rite ou voulait se défigurer auâsi vite que possible. Les gen^ eu deu.!! se voilaient encore la tête et la barbe pour empêcher l'esprit du défunt de pénétrer en eux par le nez ou la bouche; on entassait des monceaux de pierres sur les cadavres des scélérats {Jos. vu, 26; viii, 29. H Sam. xvm, 17) pour retenir de force les esprits des morts à la lerie, et se pï^tégGr ainsi contre eux.

LA RELIÇION D'ISRAËL. 607

d'Israël, y ait représenté ^a religion propre et légitime du peuple ; il est également possible qu'il n'ait formé qu'un courant secondaire et inférieur, en dehors de la religion proprement dite de la tribu. Cette dernière hypothèse croît en vraisemblance depuis que les études sur la plus ancienne religion de la Babylonie et de l'Arabie méridionale ont montré que nous devons supposer comme religion populaire, aux origines du développement de la civilisation dans ces tribus.,, un polythéisme astral assez proche du mono^ théisxne. Ce sera l'objet du paragraphe suivant.

4. arguments positifs en faveur du récit biblique. — D'après la Bible, Abraham était originaire d'Ur- Kasdim. Comme tout le monde l'admet aujourd'hui, le groupe ethnique auquel il appartenait avait quitté le Nord-Est de l'Arabie, près du golfe Persique, pour aller se fixer en Babylonie vers 2500 avant Jésus- Clpi^yist ; il y avait fondé la première dynastie babylonienne, dont le sixième roi fut Hammourapi. Quand plus tard les descendants d'Abraham émigrèrent en Egypte, ils devinrent pour plusieurs siècles les voisins des tribus de l'Arabie Qccidentale, qui habitaient la presqu'île du Sinaï et la région fertile située au Sud-Ouest de la péninsule arabique. Cette population (Minéens, Sabéens, tribus de Qatabàn et de Hadramaut) était elle aussi, à une époque que nous ne connaissons pas exactement, partie de l'Est, c'est-à-dire de la côte Nord-Est du golfe Persique, pour aller s'établir dans ces contrées du Sud-Ouest de la péninsule arabique.

Dans la mesure même où ces rapports ethniques font en quelque sorte apparaître l'arrière^plan histo-

rique et religieux, devant lequel la Bible déroule la vie des Patriarches, il est grandement important de considérer un instant cette plus ancienne religion des Babyloniens entre 2500 et 2000, et des tribus arabes. Les études récentes ont établi que dans ces groupements de populations qui ethnologiquement et chronologiquement avaient le plus d'accointance avec Abraham, il n'existait aucune de ces formes religieuses inférieures, dont nous avons parlé (polydémonisme, fétichisme, totémisme, culte des ancêtres et des morts), mais une religion d'un caractère astral, qui sur plusieurs points se rapprochait du monothéisme '. Les recherches, ayant pour point d'appui les inscriptions de la Babylonie ancienne et de l'Arabie méridionale (Minéennes), ont amené aux deux résultats suivants : à) à l'époque préhistorique, c'est-à-dire jusque vers le milieu du second millénaire avant Jésus-Christ, régnait en Arabie une religion, qui devait être très voisine du monothéisme ; mais vers le milieu du xv® siècle, cette religion fit place à un polythéisme astral, dont les divinités principales étaient l'étoile du matin et du soir [Athla?-)^ la lune ( Waddj Ilmukahj S in, A mm) et le soleil [Sams). — b) les tribus arabes, qui vers 2500 avaient émigré de l'Arabie orientale en Babylonie, s'étaient déjà approprié vers l'an 2000 les idées religieuses des Babyloniens, et pratiquaient universellement, semblet-il, le polythéisme. L'entourage d'Abraham était

\. Cf. HoMMEL, Die altisraelitische Vberlieferung in inschriftliclier Beleuchtung, Mùnchen, 1897, p. 117; dumême, Der Gestirndienst der alteri Araber imd die altisraelitische Ûberliefening, Mùnchen, 1901. — II. Ranke, Die Personennamen in der Hammurabi Dynastie, I, Mùnchen, 1902. — Nielsen, Die altarabische Mondreligion nnd die mosaische Vberlieferung, Strassburg, 1904.

donc déjà tombé dans l'idolâtrie, quand lo patriarche fut choisi de Dieu. Mais Dieu, par cet appel, renoua les fils de la révélation primitive; car cette religion des plus anciens Arabes, si proche du monothéisme, peut être regardée avec grande vraisemblance comme un reste de la première Révélation et un héritage des âges primitifs. Sur les ruines de l'ancien monument détruit par le péché. Dieu posait le fondement d'un nouveau et plus grand édifice en Jésus-Christ, destiné à abriter tous les peuples.

Tout en constatant que les tribus arabes, dont descendait Abraham, ont professé avant l'an 2000 une croyance voisine du monothéisme, on ne nie nullement, cela va de soi, l'élément surnaturel dans l'origine et le développement de la religion patriarcale. Il nous reste toujours à résoudre le problème : comment se fait-il que ces tribus arabes, en Babylonie comme en Arabie, sont peu à peu descendues à un grossier polythéisme, tandis que le peuple d'Israël a été le seul à garder comme un précieux héritage et à développer le monothéisme?

5. Le culte aux temps prémosaïques. — Les documents de l'Ancien Testament ne nous donnent que peu de renseignements sur la forme extérieure du culte divin dans les familles des Patriarches et chez les Israélites pendant leur séjour en Egypte. Il ne semble pas qu'il ait existé de sacerdoce distinct, avant l'époque mosaïque'. Le père de famille,

1. Sur les prétendues traces d'un sacerdoce prémosaïque en Israël, cf. HuMMELAUER, Bas vormosaisc/ie Priestertum in Israël, vergleichende Sticdie zu Exodus und I Chron. 2-8, Freiburg im Breisgau, 4899. HUMMELAUER coHClut d'Exod. XIX, 22-2i ; xxxni, 7-14 ; xxxiv, 34 sqq., qu'Israël, avant l'institution du culte d'Aaron, possédait déjà un sa-

çiO CHAPITRE XIV.

j^lus tard peul-etre le fils aîné, sacrifiait, en des occasions données, pour toute la famille. Les lieux de culte étaient des autels consacrés par une onction d'huile, soit passagèrement et pour un cas particulier, soit de façon durable [Gen. xii, 7 sqq. ; xiii, 4, 18; XXII, 9; xxYi, 25; xxviii, 18-22; xxxi, 54; xxxii, 20; XXXV, 1-14; XLvi, 1). La Bible ne nous dit presque rien d'un culte commun des Israélites, pendant leur séjour en Egypte ; seuls, deux passages de VExode (v, 1 et VIII, 16-25) semblent indiquer des fêtes et des sacrifices en l'honneur de lahvé, que les Israélites, vivant en Egypte, célébraient de temps en temps, mais en dehors de l'Egypte. L'ensemble du rituel aura pu être emprunté aux Babyloniens, aux Arabes ou aux Cananéens.

Comme autres pratiques sacrées des temps prémosaïques, il n'est fait mention expresse que de la circoncision ; elle devait être le signe de l'alliance que Dieu aVait contractée avec Abraham.

Le nom sous lequel Dieu se révéla à Abraham est ël-saddai [Ex, vi, 1). Le nom d'ë/ est le mot sémi-^ tique primitif pour Dieu, Un. Quant à l'expression de saddaiy qu'on traduit ordinairement par « tout-puissant », on n'en a point encore donné d'étymologie certaine. Hommel l'a comparée avec un nom de personne en usage dans l'Arabie méridionale. Ammisaddai. Dans la famille d'Abraham rahcienne désignation arabe de Dieu comme Père était usitée, comme le prouve le nom même d'Abraham ; cdivAbirâmu est très probablement à traduire : mon Père, c'est-à-dire Dieu est élevé.

cercloce,unetente sacrée el dans celte tente « untémoignage» (c'est-àdire un symbole delà divinité).

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