Cf. Osée, X
et l'esprit de cette religion s'infiltraient insensiblement, tandis que le caractère moral de lahvé s'estompait de plus en plus. Ce développement fut favorisé par la division du royaume juif après la mort de Salomon, et par l'érection, dans le royaume du Nord, de deux temples nationaux, où lahvé fut adoré sous la figure d'un veau d'or.
Les antidotes contre les ravages causés par l'imitation du culte cananéen, étaient la conscience qu'avait Israël d'être le peuple élu de Dieu par l'Alliance du Sinaï, les sévères prescriptions dirigées contre l'idolâtrie cananéenne, l'attachement fidèle à lahvé, le Dieu de la sainteté, aux yeux duquel toutes ces iniquités et impuretés, comme en commettaient les Cananéens, étaient une abomination, enfin l'unité du lieu légitime du culte ^.
Pendant les premiers siècles après Moïse, les mœurs du peuple israélite furent encore relativement rudes et barbares. Les entreprises guerrières continuelles n'étaient assurément pas de nature à perfectionner les germes déposés dans le peuple par la loi mosaïque. En lisant dans les Juges ce qui nous est raconté du meurtre de Sisara par Jahel, de la conduite d6 Gédéon envers les hommes de Soccoth, du vœu inconsidéré de Jeplité, du crime de Gabaaet de la guerre fratricide qui s'en suivit, de l'extermination des habitants de Jabès, du rapt des filles de Silo permis aux Benjamites, nous serions portés à nous demander si ce que Moïse avait laissé à son peuple
1. Pendant un certain temps, surtout à l'époque des Juges, il semble qu'à cause de la situation où se trouvaient alors les tribus d'Israël, des sanctuaires privés aient été permis conditionnellement, et même Samuel el Salomon ne sacrifièrent pas toujours au sanc tuaire central (cf. I Sam, ix, 12 sqq. ; I Rois, m, 1 sqq.).
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de biens spirituels n'était pas complètement perdu.
On pourrait supposer, il est vrai, que les événements que nous venons de rappeler ne constituaient pas la règle, mais l'exception, et que c'est même pour cette raison qu'ils ont été spécialement racontés. Malgré tout, il apparaît qu'à la suite des guerres perpétuelles avec les Cananéens et les autres tribus voisines, la moralité avait faibli et qu'une royauté forte, pénétrée d'un idéal moral, était nécessaire pour plier de nouveau à l'ordre et à la discipline des tribus qui retournaient à la barbarie, et leur inspirer une plus haute estime de la vie humaine.
Quand aux époques de luttes eut succédé une période plus longue de paix, un autre danger se présenta : l'accroissement du bien-être et des exigences de la vie amenait l'amollissement des mœurs. Pour arrêter ce déclin, et pour rappeler à Israël les préceptes élémentaires de la moralité, spécialement la tempérance dans les jouissances de la vie, la justice et la charité, lahvé envoya les Prophètes, qui devaient non seulement combattre le culte des idoles, mais aussi représenter sur le terrain moral la conscience publique d'Israël et le préserver des jugements vengeurs de Dieu.