Actes des Apolres, xxv
débordant l'histoire par la richesse transcendante de son contenu, s'incarne en une personne qui non seulement transmet une doctrine, mais se présente ellemême comme la vérité et la justice vivantes. D'autres religions ont eu, il est vrai, leurs fondateurs que des contemporains ont pu voir de leurs yeux et toucher de leurs mains : aucun de ces prédicateurs religieux, Mahomet, le Bouddha ou Zoroastre, ne s'est proposé comme objet de la foi de ses disciples. Tous prêchent une doctrine en quelque sorte extérieure à leur propre personne. Qu'ils aient été vraiment créateurs d'aspirations nouvelles, ou, — et c'est le cas ordinaire, — qu'ils aient simplement capté et orienté en des directions fixes des tendances préexistantes, le mouvement qu'ils ont lancé ne tend point à eux comme à son terme. Jésus est le Maître qui se donne lui-même comme objet de notre foi ; il en est l'auteur, il en est aussi le « consommateur ^ » ; il est au fondement comme pierre angulaire, il est au faîte comme Dieu qu'on adore. Mahomet, Zoroastre ou le Bouddha ne sont que des personnages historiques ; ils ont passé comme ont passé Platon ou Aristote, leur influence n'est plus que celle du souvenir, ou de leurs écrits réels ou prétendus. Jésus est plus qu'une figure historique : tout à la fois immanent à l'histoire par son action incessante dans son église visible et invisible, et transcendant aux atteintes des années et des siècles, il est la vie toujours présente.
Faire l'histoire de la religion chrétienne, c'est retracer cette vie du Christ dans l'Eglise qu'il a fondée, et qui continue en ce monde son œuvre de salut.