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II. -~ Les Bantous

Sous le nom générique de Bantous, « les Hommes » (de Ba-^ préfixe personnel pluriel, et -Ntu^ être humain), on a pris l'habitude de désigner ce groupe linguistique, considérable, qui occupe la plus grande partie de l'Afrique habitée, en deçà et au delà de TEquateur, de l'Atlantique à l'Océan Indien, du bassin du Tchad et du Victoria au cours de l'Orange. Au point de vue purement physique, les Bantous présentent une grande variété de types, provenant sans doute de mélanges anciens ; mais on peut néanmoins dégager de l'ensemble un caractère spécial^. Us sont divisés en de nombreuses tribus, dont chacune a sa langue-, son habitat, ses coutumes, son gouvernement, sa manière de vivre, en général conditionnée par le pays qu'elle occupe, et comportant la petite culture, l'élevage, la chasse, etc.

Ce groupe important n'a guère été touché par FIslam que sur la bordure côtière orientale et, çà et là, sur les routes des caravanes qui relient Zanzibar aux régions de l'Intérieur.

Le Christianisme, de son côté, qui fit son apparition aux xvi« et xviii*' siècles sur les côtes d'Angola et de Mozambique, avait laissé peu de traces au moment où sa prédication fut reprise en ces derniers temps.

i. Deniker, Races et peuples delà terre, Paris, 1900. 2. C'est à une de ces langues qu'appartient le mot Ba-ntu, les Hommes. Ailleurs on a Aba-ntUt fVa-tu,elc.

On peut donc considérer les Bantous comme possédant un fond religieux original et relativement liomogène.

11 fut un temps où, sur la foi de voyageurs incomplètement ou inexactement informés, on écrivait que telles de ces populations n'avaient en fait de religion qu'un « grossier fétichisme », sans aucune connaissance de la Divinité. Ce temps est passé.

S'il est, au contraire, un fait acquis aujourd'hui, c'est que, aux yeux de tous les peuples bantous, distinct de ce monde matériel et visible dont nous faisons partie , il est un autre monde suprasensible, intangible, invisible, qui nous enveloppe, qui nous domine qui se mêle mystérieusement à notre vie et dans lequel, un jour, parla passerelle inévitable de la mort, nous devons nous-mêmes entrer. « 11 y a plus de choses au-dessus de nous, médisait un jour, tout bas, un vieux chef africain, en me montrant le ciel, que tous les livres des Blancs n'en contiennent. » Étrange et fidèle écho, répercuté du Continent noir, de la grande parole de Shakespeare :

« There are more things in Heaven and Earth, Horaiio, Than are dreamt of in your philosophy* ».

Ce monde est là, coexistant avec le nôtre. Est-il possible, est-il utile, est-il nécessaire à l'homme d'entrer en relations avec lui?

— Oui, répondent nos Primitifs. Et c'est en quoi consiste leur religion.

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