‹ ChristusChapitre 150 sur 284 · Luc, XXII · texte numérisé non relu

Luc, XXII

Matthieu ' . La tradition joannique elle-même n'oubliera pas que de soi l'amitié ne confère pas l'autorité, et que Pierre, pour n'avoir pas été le disciple H bien-aimé », n'en reste pas moins le pasteur à qui Jésus a confié son troupeau 2.

Ce n'est pas d'ailleurs qu'en se constituant ainsi un parti, en face du bloc pharisaïque, Jésus retire ses disciples au désert, ni qu'il renonce le moins du monde soit à la voie de confiance et de douceur qu'il avait enseignée, soit au royaume g-lorieux et universel que toujours il prêcha. Mais entre l'heure présente et l'avènement final, il laisse entrevoir ^ une période d'attente douloureuse, où les agneaux vivront au milieu des loups, où les apôtres s'en iront prêchant et guérissant par les villes, conversant en pauvreté, douceur et simplicité, selon l'idéal annoncé sur la montagne. Ce sera leur façon d'être pêcheurs d'hommes. Aux suggestions des paraboles que nous ayons notées se joignent d'autres indices, pris des avis aux disciples, pour faire comprendre que si le royaume, par une certaine face, ressemble à la soudaine apparition de l'éclair, il ressemble, par un autre endroit, aux œuvres de la nature, qui sont lentes, ou à la pénétration progressive de la pâte par le levain. A côté de mots qui semblent fannoncer pour demain^, ces avis en contiennent d'autres qui

i. Matth., XVI, 18.

2. Jean, xxi, 13. — Sur cette constitution de l'Église, on lira avec profit l'introduction à la cinquième édition du livre de M.^ Batiffol, L'Église naissante et le catholicisme, Paris, 1911.

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