‹ ChristusChapitre 153 sur 284 · Matth., X · texte numérisé non relu

Matth., X

vérant espoir. Le nom français qui convient le mieux à cette foule, c'est « les humbles », ou bien encore les « endurants ». « Bienheureux les endurants, car ils posséderont la terre ^ » : c'est ainsi qu'un vieil auteur rend la troisième béatitude, elle résume à merveille tout un côté de l'enseignement et de la physionomie du Christ. Jésus, « le doux Jésus », est vraiment le type idéal de ces affligés, de ces paisibles et de ces pauvres. « Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel leurs nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête'^ » « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos àmes^. » Saint Matthieu lui applique les paroles d'isaïe : (( Voici mon enfant que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui s'est complu mon âme. . . il ne brisera pas le roseau rompu et n'éteindra pas la mèche qui fume encore^. » D'un autre côté, jamais homme ne s'est montré plus naturellement et plus complètement chef q^uq celui-là. Auprès de sa bonté profonde, qui parfois se laisse aller jusqu'à la tendresse, on sent en lui une certaine indiscutable conviction de ce qu'il est, de ce qu'il peut, qui lui fait prendre le plus simplement du monde le ton du maître, le rend impérieux dans ses discours, et, dans sa manière d'agir, audacieux et fort à l'extrême. Les Évangiles sont pleins de témoignages de l'ascendant séducteur que sa personne exerçait. Il ne lui faut qu'un mot pour conquérir Pierre et son frère, les fiis de Zébédée, Lévi

\. Matth., V, 5.

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