‹ ChristusChapitre 154 sur 284 · Matlh., XII · texte numérisé non relu

Matlh., XII

le publicain^ Quand il commença à prêcher, les foules suivirent ses pas et s'attachèrent à ses lèvres. Marc nous montre toute la ville de Capharnatim rassemblée à sa porte, — la foule des visiteurs si pressée et si indiscrète, que ceux qui sont avec lui ne trouvent plus le moyen de manger, — des brancardiers portant un paralytique, qui, ne pouvant plus se frayer passage à travers le peuple, sont obligés de monter sur la maison, de découvrir le toit, et de descendre leur homme avec des cordes^. Luc dit à son tour qu'un jour des masses de gens se pressaient si fort, qu'on s'écrasait^. Ce n'est pas en llattant la plèbe qu'il l'attirait. Aucun sentiment n'est plus étranger à Jésus que cette vénération admirative pour l,e peuple, que cette foi en sa sainteté ou en son infaillibilité en quoi consiste, aux yeux de certains, l'amour des humbles. La forme de son amour du peuple, c'est la pitié. Il a pitié des foules, parce qu'il les voit délaissées et misérables comme des brebis sans berger'*. Ce qui subjuguait, donc, c'était sa puissance, son autorité, puissance sur les corps qu'il guérissait et sur les diables qu'il chassait, autorité sur les âmes, vis-à-vis desquelles il se posait d'emblée en maître. « On était stupéfait de son enseignement, car il le donnait comme ayant puissance, et non pas comme les scribes^. » S'il est un trait caractéristique de la physionomie du Christ, c'est qu'il s'impose.

1. A/arc, I, 16-21; ii, 14-13. L'cvangéliste cite des traits qui montrent que cet impérieux attrait n'était pas irrésistible. (Histoire du « jeune homme de l'Évangile », Marc^ x, 21-22).

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