Act., X
miracles, qu'As soient rapportés par les trois Synoptiques, comme la guérison du paralytique de Capharnaiïm \ ou par deux d'entre eux, comme la guérison du serviteur du centurion 2, ou par un seul, comme la résurrection du fils de la veuve de Naïm ^. Aussi l'élément miraculeux est-il partie intégrante et nécessaire de l'histoire du Christ : l'éliminer, c'est faire du ministère de Jésus, de son ascendant sur ses disciples, de l'attirance qu'il exerçait sur les foules, une inexplicable énigm.e. Les historiens en conviennent, qui ont gardé quelque souci du témoignage des textes et des vraisemblances psychologiques^. Ceux qui écartent a priori le surnaturel, essaient bien de distinguer, avec Harnack, les miracles « cosmiques », tels que la multiplication des pains et la marche sur les eaux du lac, et les cas de « faith-healing », autrement dit les guérisons qu'on explique par l'influence de la puissante personnalité de Jésus sur des tempéraments nerveux, facilement accessibles à la suggestion. Les premiers sont rejetés et les autres, réduits à des phénomènes naturels, acceptés. C'est dire que l'option est décidée d'après des principes qui ne relèvent plus de la critique littéraire ou historique, mais d'une philosophie rationaliste du monde et de la vie. Historiquement cette simplification arbitraire soulève plus de difficultés qu'elle n'en résout : les miracles « cosmiques », comme la multiplication des