‹ ChristusChapitre 167 sur 284 · Marc, viii · texte numérisé non relu

Marc, viii

t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux^ »

Mais sous quel aspect se présentait à l'esprit des disciples cette dignité messianique, qu'une révélation d'en haut découvrait à Pierre? A lui seul, et sans autre détermination, le titre de Messie, tel qu'il était alors courant parmi le peuple juif, n'eut pas suffi a donner aux apôtres une idée bien définie de la grandeur de leur Maître. Le Messie pour tous, était l'élu de Dieu, le vainqueur et le sauveur, celui qui devait restaurer le royaume d'Israël; mais sur sa nature et sur la manière dont il s'acquitterait de sa mission, les avis étaient partagés, ou, pour mieux dire, les imagmations du patriotisme et de la piété se donnaient libre carrière. « La conception messianiqjae, écrit un récent historien, n'était pas, à cette époque, une donnée ferme et simple, telle que toute reconnaissance de Jésus comme Christ dût avoir toujours et pour tous le même sens déterminé. L'Élu des paraboles d'Hénoch ne ressemblait pas au roi du psaume XVII de Salomon, et ni l'un ni l'autre n'était identique au Messie d'Esdras; l'Evangile nous montre autour du Christ, les mêmes incertitudes et les mêmes contradictions : pour beaucoup, c'est le fils de David, et il doit naître à Bethléem; d'autres pensent qu'il se manifestera soudain, sans que personne sache d'où il vient ; quelques-uns l'attendent comme un maître qui doit enseigner toute chose; la plupart, comme un roi, qui doit restaurer Israël ; quelques-uns, comme un personnage surnaturel, qui apparaîtra sur les nuées. Ainsi que l'a dit

Page 1