Jean, vi, G
B. Act., II, 13.
fouets du sanhédrin, ni les ceps des geôliers, ni la croix des esclaves ou la hache des licteurs n'abattront la grandeur de courage d'un saint Pierre ou d'un saint Paul. « Si ce conseil ou cette entreprise sont œuvre humaine, avait dit Rabbi Gamaliel, ils se dissoudront d'eux-mêmes; s'ils viennent de Dieu, vous ne pourrez les arrêter, ce serait combattre contre Dieu^ » La parole du docteur en Israël ne tarde pas à se vérifier : les yeux encore tout pleins de la vision de Jésus ressuscité, les disciples vouent ce qui leur reste de vie à gagner des âmes au Maître qu'ils ont connu et aimé, et meurent en affirmant leur foi. Fanatisme, a-t-on dit; mais le fanatisme n'a point dans sa résistance cette humilité simple qui met sa confiance en plus grand que soi^ ; le fanatisme est une exaltation de doctrinaires ou d'endoctrinés, non la calme assurance de « témoins » , qui ne savent qu'affirmer un fait plus fort qu'eux : « Nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu^. » D'autres ont parlé d'hallucination : mais l'hallucination atteint-elle du même coup « plus de cinq cents frères'' » ? Son objet se laisse-t-il toucher etpalper par onze plébéiens, de tempérament robuste, prosaïquement réunis pour manger^ ? Et puis l'hallucination ne tient pas contre l'action dissolvante du temps ; elle se réduit vite à l'épreuve d'un héroïsme continu; sa contagion peut provoquer des enthou-