Luc, xxrv, 3G-44; Jean, xx
LA RELIGION CHRETIENiNE. 725
siasraes momentanés ; elle ne saurait suffire à fonder des communautés organiques, consistantes, victorieuses de la persécution sanglante. Comme il comprenait mieux la psychologie des Apôtres le martyr Ignace, quand il écrivait aux chrétiens de Smyrne : « Même après sa résurrection, je sais et je crois que le Christ a encore une chair véritable. Et quand il vint à Pierre et à ses compagnons, il leur dit : a Tenez-moi et touchez-moi et voyez que je ne suis pas un esprit sans corps. » Et aussitôt ils le touchèrent
et ils crurent Et c'est pourquoi ils méprisèrent
la mort, ou plutôt ils furent supérieurs à la mort^ . » Fondée sur le fait de la résurrection qu'ont vu et vérifié non seulement les saintes femmes, mais « Céphas etles Douze, et ensuite plus de cinq cents frères ensemble..., et ensuite Jacques, et ensuite tous les Apôtres, et enfin [Paul], dernier de tous et avorton ^ », l'Eglise naissante, minime comme un grain de sénevé, révèle aussitôt, sous l'action de l'Esprit-Saint, sa puissance de fécondité. Après la Pentecôte, la place des Douze est toujours principale; ils sont ceux qui ont mangé et bu avec le Seigneur après sa résurrection^; « personne n'ose se joindre à eux* » ; quand ils veulent compléter leur nombre, ils se recrutent par des moyens spéciaux^. Mais toute la conduite de Pierre dans les Actes et les discours qu'il prononce font voir un grand zèle à admettre le plus d'hommes possible au salut et à la grâce offerte par Jésus, ou à les admettre dans la communauté des