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III. — Les Hottentots. Les Nigritiens. Les Hamîtes

Si, des Bantous, nous passons à l'examen des autres populations africaines similaires, telles que les Hottentots au sud, et au nord les Nigritiens et les Hamites, — pour ne donner ici que des divisions très générales, — nous constaterons entre toutes de singulières affinités religieuses et morales.

D'abord, nous trouvons partout la famille établie, et, partout, la religion, en étroit rapport avec elle. Sans doute, ce n'est pas la famille qui a créé la religion, mais nous pouvons dire que c'est la religion qui a organisé la famille dans ces sociétés primitives, qui l'a maintenue, qui l'a protégée, et que la famille, à son tour, a gardé la religion dans ses principaux éléments. Centre de la croyance, elle a été le centre du culte, qui, de là, s'est étendu au campement ou au village, au clan et à la tribu.

Le mariage est entouré de certaines prescriptions, dont le caractère religieux est évident, soit que ces rites se fassent au moment môme de l'union matrimoniale, soit qu'ils s'accomplissent antérieurement, par exemple à l'époque de la puberté et à l'occasion des initiations de l'adolescence. C'est à cette idée qu'il faut rapporter, par exemple, la pratique de la circoncision, connue non seulement par de nombreuses populations noires de l'Afrique, bantoues, nigritiennes et hamites, non seulement par les peuples similaires de la Mélanésie et les Polynésiens

des Iles océaniennes, mais encore par plusieurs tribus de l'Amérique elle-même.

Partout aussi, le jeune homme va prendre femme ailleurs que dans sa parenté.

Mais, en même temps, chaque famille ou tribu cherche toujours à se maintenir dans une pureté relative au milieu des autres populations ; elle garde ses croyances, ses mœurs, ses rites, son genre de cases, ses armes, ses parures, ses marques distinctives sur la peau, les dents, la chevelure. De là, ces tatouages qui, en certains pays, comme la Polynésie, ont été portés à la hauteur d'un art.

Ailleurs, les tribus ont tracé sur leurs boucliers un véritable blason.

Pour en revenir aux Hottentots, en qui Le Vaillant n'avait autrefois vu aucune trace de religion, Livingstone, plus clairvoyant, a pu dire d'eux : « Quelque dégradées que soient ces populations, il n'est pas besoin de les entretenir de l'existence de Dieu, ni de leur parler de la vie future. Ces deux vérités sont universellement admises en Afrique. Tous les phénomènes que les indigènes ne peuvent expliquer par une cause ordinaire, sont attribués à la Divinité... Si vous leur parlez d'un mort, il est allé près de Dieuy vous répondent-ils ^ . »

Ils ont un culte domestique et un culte individuel. Le matin, aux premiers rayons de l'aube, ils quittent leur hutte et vont s'accroupir derrière un buisson.

1. D. LiviNGSTONE, apud A. DE QuATRBFAGEs, Lcs Pygmées, p. 292.

Là, la face tournée vers l'Orient, ils adressent leur prière à Tsui-Goa, « le père des pères ' ».

Dans chaque famille, les mânes des ancêtres sont considérés comme des espèces de dieux lares, qu'on prie, et auxquels on fait des offrandes.

Passons en Guinée. « Le culte privé ou familial y est à la base de l'organisation sociale. Le père de famille, patriarche ou chef secondaire, en est le prêtre. Les honneurs, les sacriiîces, les offrandes qu'il fait, s'adressent aux mânes des ancêtres de sa famille, et plus spécialement au fondateur de cette famille, ou à celui de la tribu dont elle est issue 2. »

Mêmes idées et même organisation dans toutes les tribus nigritiennes de la vallée du Niger et du Soudan.

C'est ainsi que, dans toute l'Afrique, on passe naturellement de la famille constituée en ce monde à la famille se survivant dans l'au-delà. Partout, à côté des influences mystérieuses de la nature — influences parfois localisées dans des fétiches, comme à la côte de Bénin, au Niger, au Dahomey, etc., — nous trouvons la croyance aux mânes. Puis viennent les esprits, dont les uns ne paraissent être que des âmes transfigurées, dont les autres ont une origine extra-humaine, et, enfin, l'Être Suprême, dont la notion devient de plus en plus distincte à mesure qu'on se rapproche des régions du Nord.

Chez les Yorubas, par exemple, dans la vallée

i. A. DE Qdatrefagfs, ibid., p. 307.

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