I Cor., XII
2. On fera bien, si l'on veut avoir quelque idée du slyle de Paul là où il paulinise jusqu'à l'excès, d'étudier cette vaste piirase dans letexi« original {Eph., iv, Il-IG).
VOUS, VOUS êtes le corps du Christ et ses membres, | chacun à sa place. Dieu donc a mis les uns pro- l phètes^.. », etc. En conséquence, Paul recommande ' à ses fidèles non seulement la charité, l'humanité, • les mutuels égards, mais encore la subordination^. | Il fait plus que de la recommander, il l'exige : ! « Vous êtes mon œuvre dans le Seigneur, écrit-il \ aux Corinthiens ; si je ne suis pas apôtre pour les j autres, je le suis bien pour vous ^. » Ainsi, tout en ■ faisant bien large la part de l'Esprit dans la vie des âmes, puisque la participation à Jésus-Christ ne : s'opère que par l'Esprit et dans l'Esprit'*, tout en | estimant très hautement les charismes^, malgré ! l'abus qu'en font les Corinthiens®, l'apôtre affirme et ■ sauvegarde le droit de l'autorité, qui, par la règle imposée aux impulsions de l'Esprit et à ses manifestations extraordinaires, ,par le rappel constant de la notion de membre dans un organisme, de partie dans un tout, prévient les écarts de l'individualisme illuminé et maintient dans le corps de l'Église un ordre et une harmonie supérieurs.
On l'a peut-être déjà remarqué : c'est la conception sociale de la religion, c'est la notion de l'Église comme corps du Christ, animé déjà par le Christ, mais tendant à se soumettre toujours mieux à son influence et à le réaliser toujours davantage, qui fait pour Paul le lien entre l'eschatologie et la morale. Le jour du Seigneur tirera tout au clair, manifestera