I Cor., XIV
tout% vaincra le maP, et glorifiera le bien, parfera tout d'un seul coup. Mais, en attendant, l'Église a un autre moyen de « gagner le Christ » : c'est la « consommation des saints », c'est de se perfectionner sans cesse par l'exercice de toutes les vertus. Paul est un grand moraliste. Les exhortations qui terminent ses lettres ne sont point banales ni grises : c'est un idéal bien défini qu'il propose à la bonne volonté des chrétiens. Cette perfection, il la présente comme l'imitation du Christ^, du Christ mort et enseveli comme du Christ vivant et glorieux, et certes, c'est du contraire qu'il eût fallu s'étonner, car, en dehors du divin modèle, tout lui est insignifiant, tout lui est « balayure ». Ce qui est plus notable et ce qu'il convient de souligner, c'est combien cet idéal est pleinement, doucement, gracieusement humain. Ici, peutêtre, l'on touche pour la première fois cette espèce d'instinctive et secrète sympathie qui attire constamment l'Église vers ce qu'on peut nommer Xhumanisme^ au sens le plus large et le plus noble de ce mot. On a souvent signalé ce goût si vif et si curieux qui porte saint Paul — juif fils de juif, pharisien fils de pharisien, circoncis le huitième jour^ — vers la civilisation helléno-latine : on sait avec quelle prédilection, négligeant les spectacles de la nature (chers aux prophètes et chers à Jésus), il emprunte ses comparaisons à la vie des citoyens de l'empire, militaire ou civile^, et qu'il pare à l'occasion son discours d'un vers d'Aratos. de Ménandre, d'Épimé-
\. I Cor., IV, 5; H Cor., y, 10.