‹ ChristusChapitre 186 sur 284 · Cf. PiuvT, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. PiuvT, op. cit., t. I, p

nide ; on sait son admiration pour la paix romaine et l'ordre impérial. L'influence de l'idéal grec sur son idée de la perfection morale n'est pas, ce me semble, moins remarquable. Non seulement Paul a voué sa vie d'apôtre à rompre l'étroitesse de la théologie nationaliste, à prêcher la liberté spirituelle contre la doctrine formaliste du salut par la loi, mais l'homme même, en lui, semble-t-il, aspire à briser le plâtre juif, et y a déjà réussi partiellement : on dirait que l'Évangile cherche à agir sur une humanité plus libre, plus développée et plus complète que celle que Moïse avait éduquée ; le vin nouveau aspire à sortir des vieux récipients d'Israël, et à remplir les outres neuves. L'œil de Paul a aperçu hors de son peuple un idéal d'homme plus charmant et plus complet; quand il écrit à ses disciples : « Tout ce qui est vrai, tout ce qui est vénérable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui est plaisant, toute vertu et toute chose louable, soient vos préoccupations ^ » ; ce chef-d'œu^ vre humain — et divin tout ensemble — qu'il rêve, ce n'est assurément pas Israël qui lui en a fourni tous les traits. Pour qu'une nature si foncièrement juive éprouve ces désirs de rompre les vieux moules, et conçoive le chrétien, non pas seulement comme la perfection du Juif, mais encore comme la perfection du Grec, il faut bien que les temps soient mûrs.

L'Évangile de saint Jean ^. — Ce n'était pourtant pas à Paul qu'il était réservé d'expliquer à l'âme

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