Philip., IV
2. Évangile est pris ici au sens premier du niot, plus large, non resserré à l'évangile écrit.
grecque le mystère de Jésus, c'était à l'auteur du quatrième Evangile. Celui-ci se donne comme un disciple du Sauveur, le disciple bien-aimé. Bien des indices dans son livre invitent, en effet, à voir dans l'auteur un Palestinien, qui a vu ce qu'il raconte. Une tradition très solide en place la composition à Ephèse, et nomme comme auteur l'apôtre Jean.
« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché du Verbe dévie, — car la vie s'est manifestée et nous lavons vue et nous en portons témoignage..., — ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons. » Ces paroles de la première épître de saint Jean^ marquent bien le but et l'originalité du quatrième Evangile : montrer dans Jésus de Nazareth la manifestation du Verbe, lumière et vie du monde. Cette doctrine joannique n'était pas sans attaches avec le reste du Nouveau Testament. Déjà les Synoptiques avaient montré dans Jésus l'unique révélateur du Père^, et laissé entendre son éternelle préexistence 2. Sous Tinfluence des livres sapientiaux saint Paul avait parlé du Fils, force et sagesse de Dieu-*, image de Dieu ^, image du Dieu invisible^; l'épître aux Colossiens et l'épître aux Hébreux avaient particulièrement mis en relief son action créatrice et conservatrice, son rôle de raédiateuruni-
i. I Jean, i, 3. Personne ne doute que cette lettre ne soit du même auteur que l'Évangile.