Jean, xiv, H
source dans une disposition morale. Les bons, ceux qui sont nés de Dieu, ceux qui sont « les brebis » du Christ, voient et croient, parce qu'ils sont bons. Les autres, les fils du diable, ne voient pas et ne croient pas parce qu'ils sont mauvais ^ ; ils ne « viennent pas à la lumière », parce qu'ils ne veulent pas (c faire la vérité ^ ». La présence et les œuvres du Christ seri^enù donc à discerner les fils de Dieu et les fils du diable, les lîls de la lumière et les fils des ténèbres. Et ce discernement, ce jugement (xpiaiçj^ est le but et l'effet le plus apparent de sa venue en ce monde.
Cette pensée de saint Jean est intimement liée à sa doctrine de la filiation divine et à son idée de la parousie.
A ses yeux, la différence morale entre les bons et les méchants est une différence de nature : les bons ont une nouvelle intelligence, parce qu'ils ont un autre Père (Dieu et non pas le diable), parce qu'ils ont en eux la semence du Père '' ; les méchants ne peuvent pas croire^, tant qu'ils sont méchants, parce qu'ils n'ont pas cette participation de la nature divine, mais une nature diabolique, semblable à celle du diable, qui est leur Père^. C'est la conception que développera l'idée grecque de la nou-