j.i),iav irpô; Xpiatov : Eusède, loc. cit
2. Martyre de saint Polycarpe, xvii, 3. De là vient la particulière vénération qu'on leur témoigne. Mais, en ce même passage, l'auteur marque bien la différence entre les honneurs rendus aux martyrs (àyaTTÛiAev àlitoi;) et l'adoration due à Jésus-Christ : « Toùtov (j.èv yàpulbvôvxa toO ôeoO upoaxuvoîj^j.ev. »
LA RELIGION CHRETIENiNE. 765
un esclave devenu fidèle ^ » Que dire des combats intimes en ceux qui, avant d'être lavés et régénérés parle Christ, avaient roulé dans les flots de l'iniquité^, avaient plus ou moins participé aux vices que saint Paul énumérait aux chrétiens de Corinthe, impudicîté, idolâtrie, adultère, crimes contre nature, vol, cupidité, ivrognerie, calomnie, rapine ^? Devenus, par le baptême, les temples du Saint-Esprit, ils devaient vivre, comme n'en étant pas, dans un monde tout imprégné de sensualisme et d'immoralité , dont notre société actuelle, malgré ses tares, ne saurait nous donner l'exacte idée, tellement le christianisme a profondément modifié le cœur et l'intelligence des peuples de l'Europe moderne, épuré et ennobli la vie morale du grand nombre de ceux-là même qui lui refusent l'adhésion de leur esprit.
D'où venait à la morale chrétienne cette force, cette emprise qu'aucune philosophie n'avait connues à ce degré? De ce qu'elle s'appuyait, non sur la simple autorité de la raison naturelle, mais sur le dogme ; de ce qu'elle était, à sa manière, une révélation. Ce n'est pas à dire que les préceptes de la morale chrétienne fussent de tout point neufs et originaux : autrement on n'eût point songé à forger une correspondance entre Sénèque et saint Paul. Le surnaturel ne supprime point la nature, et Celsese trompait étrangement en reprochant aux chrétiens d'avoir, avec les sectes philosophiques, des préceptes communs. Mais ces devoirs de l'homme, même ceux que la simple connaissance naturelle révélait à la conscience humaine,