‹ ChristusChapitre 211 sur 284 · W. Sand.vy, Outlines of the Ufe of Christ, p · texte numérisé non relu

W. Sand.vy, Outlines of the Ufe of Christ, p

2. I Apologie, ii, 4 (P. G., t. VI, col. S^!)) : « Vou3 pouvez tuer, vous ne pouvez nuire » (Op. Platon, Apologie de Socrate, 30, C). Ibid., XXXIX, 4 (P. G., t. VI, col. 385) : « La langue a juré, l'esprit n'a pas juré » (Eukipide, Hippolyte, 607. Cf. Aristopuane, Les Grenouilles, 102; CicÉnoN, De officiis,i\\, 29).

'A. Saint Paul félicite les Corinthiens d'être riches en Jésus-Christ Èv TïavTt Xôya) xal iziaf^ Yvtôaet (ï Cor., i, 5). Voir encore ibid., xn, 8 : àX),(i) ôè Xdyo; Yvtôcreaj; xaxà to aÙTo Tcveùjxa: mais aussi vni, i : TràvTsç yvwTiv l-/oti.£v. 'H Yvwfftç çuatoï. On lit dans VEpitre de Barnabe, i, 5: l'va jJLexà Trjç mamux; TeXeîav exalte xal ti\^ yvbxîVK

LA RELIGION CHRÉTIEJNNE. 777

débuts sont peu connus. Les systèmes gnosliques du second siècle — de Cérinthe, de Basilide, de Valentin, de Carpocrate — le sont davantage. Deux traits sont essentiels au gnosticisme, traits également propres à séduire les simples : c'est une science secrète et c'est une science populaire. C'est une science secrète : tandis que Jésus ne livrait à la foule qu'une doctrine superficielle et extérieure, il a manifesté à quelques privilégiés la science véritable^ ; c'est ce trésor caché qui, par Pierre, par Paul ou par Thomas, est parvenu aux gnostiques; il ne faut le révéler qu'aux élus et le cacher soigneusement aux chrétiens « matériels ». L'attrait dun pareil mystère a toujours été, pour les ignorants surtout, un appât efficace.

Le contenu de la gnose était, lui aussi, éminemment populaire ; c'était une espèce d'histoire de l'univers en proportions colossales, avec multiplication de mondes et multiplication d'êtres divins; tout pour l'imagination, rien pour la raison lucide; ce qui manque le plus à la spéculation gnostique, c'est la sobriété. 11 ne faudrait pas que l'abondance des détails que les gnostiques donnaient dans ces travestissements mythologiques etfantastiques du christianisme abusât sur le caractère simpliste de pareilles conceptions : enseigner qu'il y a trois cent soixantecinq cieuxet trois cent soixante-cinq ordres d'anges, ce n'est pas imposer plus d'efforts à l'intelligence que de lui enseigner qu'il n'y a qu'un ciel et qu'un Dieu. Mais c'est lui donner, à peu de frais, la satisfaction de croire posséder une vérité fort abstruse,

i. Cp. Marc, IV, 11 ; Matth., xiir, 11.

car, qui pourrait jamais deviner qu'ils sont juste ce nombre-là? On doit donc, ce semble, éviter les termes abstraits comme « cosmologie » et « sotériologie », quand on parle du gnosticisme; car on risque par là de donner l'impression qu'on a affaire à une métaphysique rationnellement équilibrée, à une sorte de néo-platonisme avant la lettre. C'est peut-être se piper encore que de dire qu'ici « le dualisme grec est dépassé », et que les gnostiques, imbus d'influences orientales, tentent un premier essai de « monisme idéaliste » ; il est clair que dans la gnose l'hellénisme n'est pas seul à l'œuvre, mais la prédominance de l'imagination, le goût de multiplier et d'exagérer en croyant que cela suffit pour faire grand, n'est pas particulier à l'esprit oriental; c'est dans tous les pays la méthode des intelligences grossières. Quoi qu'il en soit des inventeurs, on voit assez facilement comment la gnose pouvait étonner et gonfler tout ensemble l'esprit du populaire : l'imagination trouvait à se repaître abondamment, et en même temps l'on avait la flatteuse persuasion d'avoir dépassé le christianisme de la grande Église. Le culte de certains gnostiques était mêlé de voluptés charnelles*; chez d'autres, on usait de prestidigitation ; dans la célébration de l'eucharistie, on faisait apparaître, au moment de la consécration du calice, une liqueur d'un rouge pourpre 2. On rencontre encore une autre affirmation, qui a pu être un élément de succès : c'est que les bonnes œuvres et la vie pure sont nécessaires aux chrétiens ordinaires, mais que les gnostiques, spirituels par na-

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